La métropole lilloise (MEL) et la ville de Lille tournent-elles délibérément le dos à la transition écologique ? 1ère partie

Publié le par M.E.

Si on s'en tient à la communication de la métropole et aux aspects visibles des politiques menées, il y a vraiment de quoi être inquiet quant à l'avenir non durable de notre métropole et de sa plus grande ville Lille.

Deux angles majeurs pour commencer : énergie et climat, pollutions.

Si on se penche sur le premier aspect, on ne peut pas dire que la Métropole soit très parlante et, a fortiori volontariste en matière d'économie d'énergie, d'efficacité énergétique et de transition vers les sources d'énergie renouvelables pour lutter contre le changement climatique.

On ne trouve que très modestement des aspects concernant la politique et les plans d'actions de développement durable sur le site de la Métropole Européenne de Lille.

Il suffit de consulter la rubrique sous le lien indiqué ci-dessous :

http://www.lillemetropole.fr/mel/institution/competences/developpement-durable.html pour constater qu'au-delà des expressions convenues, il n'y a rien de concret, ni de chiffré dans des objectifs de cette politique.

Autre signe peu encourageant, la vice-présidente en charge du développement durable arrive au 16ème rang des vice-présidents. Celle-ci ne dispose que des pouvoirs d'action sur le plan climat-énergie, l'agenda 21 et la lutte contre les pollutions (air, bruit). Manifestement, sa fonction ne permet pas de coordonner habitat, transport, aménagement du territoire dans une visée de durabilité.

Les déplacements urbains : Climat, énergie et pollution de l'air

Nous avons déjà regretté dans le passé le manque d'ambition du PDU (plan de déplacements urbains) 2010-2020 tant en ce qui concerne les changements attendus de part modale que pour les plans d'extension du réseau de transport public. Contrairement à d'autres métropoles de population ou superficie comparables, Lille Métropole n'a pas augmenté la taille de son réseau, ni de tramway, ni de métro. Des quartiers entiers ne sont pas desservis par ces moyens de transport rapide et à haut débit.

Notre métropole n'a pas augmenté sa capacité en ligne de métros depuis 20 ans, ni de tramways en plus de 100 années ! Certes, il y a eu des prolongations et des modernisations de matériel. Mais il a existé jusqu'à 17 lignes de tramways TRT et ELRT dans le passé du XIXème au XXème siècle dans la métropole.  D'autres métropoles françaises ou européennes ont été beaucoup plus entreprenantes, comme Lyon et Strasbourg par exemple en France, et disposent d'un réseau beaucoup plus dense et maillant beaucoup plus l'ensemble du territoire avec de surcroît des fréquences de desserte plus importantes.

Quant à la promotion d'une autre mobilité plus douce et plus active, favorisant l'exercice physique des concitoyens et meilleure pour nos poumons, elle s'est axée essentiellement sur la mise en place du vélo libre-service et, beaucoup moins sur une stratégie et un plan d'action global. On peut souligner aussi l'action de la MEL pour aider à l'achat en propre de vélos : http://www.lillemetropole.fr/sites/lmcu/mel/services/aide-a-lachat-de-velo.html

Ainsi les pistes cyclables sont absentes de certains quartiers agressés par les voitures (Vieux Lille par exemple). Dans de trop nombreuses rues, on a préféré laissé deux files de stationnement plutôt que de créer deux pistes cyclables ! 

La ville de Lille, ainsi que les autres villes importantes de la MEL restent envahies par les voitures et ne connaissent pas une circulation apaisée propice au développement réel du vélo et à un air plus respirable pour nos bronches.

Rue Solferino, hors heure de pointe (14h40) récemment.

Dans de trop nombreuses rues, les pistes cyclables sont utilisées pour le stationnement sauvage ou sont empruntées par les automobilistes ou les motocyclistes !

La promotion par les municipalités de cette mobilité douce est aussi quasiment absente.

Pour les piétons, même si un effort a été fait pour égaliser certains pavés des trottoirs du Vieux Lille, cela reste pénible de circuler sur des trottoirs étroits bordés de piquets ou encombrés par des tables de bars ou cafés. La, il s'agit bien de législation non respectée hélas. Je n'évoque même pas les difficultés pour les personnes utilisant des poussettes ou les personnes circulant en fauteuil roulant ! On peut aussi noter que les motos stationnent illégalement sur les zones piétonnes ou les trottoirs sans que les agents du stationnement n’interviennent.

En ce qui concerne le parc roulant des transports publics ou du ramassage des ordures ménagères, on constate le peu d'intérêt marqué par les décideurs métropolitains pour les motorisations hybrides ou électriques.

Ces solutions technologiques existent pourtant de longue date et permettent à la fois réduction des émissions polluantes et du niveau de bruit.

 

 

 

 

 

 

 

Voici le camion électrique de collecte des ordures qui était en circulation à Paris dès les années 1940 et son digne successeur français présenté en 2015.

Enfin, nous déplorons le désintérêt pour la lutte contre toute les nuisances sonores dans les villes de la métropole : réduction des flux de circulation, choix des revêtements, ...

Pourtant énormément de Français déclarent avoir besoin de plus de calme et avoir des difficultés dans leur sommeil ce qui peut conduire à moyen/long terme à des pathologies graves.

La rénovation de l'habitat : énergie, climat et pollutions

Dans les quatre grandes villes de la MEL seules Lille et Tourcoing orientent leurs habitants pour des conseils pratiques et pour des solutions de financement pour des actions de rénovation énergétique de l'habitat. Les villes de Roubaix et de Villeneuve d'Ascq ne font aucun effort de sensibilisation sur leur site internet pour inciter à la rénovation énergétique.

Pourtant il s'agit bien avec le changement de mode de transport d'un levier d'action aussi essentiel pour limiter les émissions de CO2, diminuer la facture énergétique des ménages et limiter la pollution de l'air. Sur ce dernier point, il faut arrêter d'encourager les habitants à s'équiper en chauffage au bois, même si certaines technologies limitent les émissions par exemple par rapport à la cheminée à foyer ouvert.

Le bois est un matériau très polluant lors de sa combustion surtout s’il est mal séché ou s’il contient des produits chimiques : celle-ci produit des quantités très importantes de particules fines et très fines, d'oxydes d'azote, de goudrons et suies (HAP) et de dioxines. Les scientifiques canadiens, scandinaves et français se sont rendus compte des dégâts majeurs pour la qualité de l'air, en particulier par période de vent faible, de plafond bas ou d'inversion de couche atmosphérique.

M.E.

Fin de la première partie. A suivre…