Quand va-t-on enfin arrêter de réaliser des trottoirs recouverts d'asphalte ?

Publié le par M.E.

Quand va-t-on enfin arrêter de réaliser des trottoirs recouverts d'asphalte ?
Je constate que nos voisins comme la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne préfère depuis longtemps des dalles ou des briques posées avec un entourage de sable permettant la pénétration des eaux pluviales dans le sol.

Trottoir asphalté d'une rue de Lille centre. Photo M.E.


Lors des épisodes de chaleur extrême, les trottoirs asphaltés provoquent des émissions de chaleur, des émanations toxiques (hydrocarbures aromatiques polycycliques par exemple) beaucoup plus importantes que ceux recouverts d'autres matériaux. Sur le plan de la santé au travail, la pose de l'asphalte expose les ouvriers du BTP à des émanations cancérogènes.

Le taux d'albedo de l'asphalte est un des plus médiocres et, dans l'agglomération lilloise curieusement, les quartiers touristiques ou les plus prestigieux sont pourvus de trottoirs recouverts de dalles ou de pavés.

Source : Rapport les îlots de chaleur urbains, ADULM, juin 2017

quelques photos ci-après de trottoirs lillois :

Partie de trottoir recouvert de dalles (briques). Photo M.E.

 

Trottoir recouvert de dalles de ciment. Photo M.E.

 

Trottoir recouvert de pavés traditionnels (hélas sertis avec du ciment !). Photo M.E.

Sur cette dernière photographie, on peut constater l'aberration absolue du cimentage des pavés. Malgré toutes les recommandations des experts (y compris de l'Agence de Développement et d'Urbanisme de Lille Métropole) on a un parfait exemple d'imperméabilisation  du sol. Dans une rue pavé traditionnelle, les pavés sont joints avec du sable qui permet l'écoulement de l'eau de pluie dans le sol.

M.E.

Voici ce que rappelle l'Agence Parisienne du Climat :

Choisir les bons matériaux
Des matériaux adaptés permettent de limiter le réchauffement de l’espace public. Dans les lieux très exposés au soleil, ils peuvent faire une vraie différence pour les usager·ères. Par exemple, des matériaux clairs et lisses vont davantage réfléchir les rayons, et tous n’ont pas la même capacité à stocker la chaleur et ne la libèrent pas à la même vitesse.
Une étude (lien externe) de l’APUR a évalué l’impact des principaux matériaux qui recouvrent l’espace public parisien :
- Les chaussées en bitume et les trottoirs en asphalte absorbent et stockent une grande quantité de chaleur ce qui réchauffe la rue de jour comme de nuit.
- Les trottoirs en dalles de granit, plus clairs, réfléchissent davantage la chaleur et sont donc plus frais pendant la journée, même s’ils stockent une partie de la chaleur qui se dégage pendant la nuit .
- Le sable ou le gravier stabilisé réfléchit relativement bien la chaleur le jour, et se rafraichit immédiatement la nuit.
- Le gazon offre le plus de fraicheur de jour comme de nuit, profitant en prime du phénomène d’évapotranspiration, à condition d’être arrosé.

De manière générale, "débitumer" les sols permettrait d’améliorer le confort des passant·es, de réduire l’effet d’ilot de chaleur urbain et d’infiltrer l’eau de pluie directement dans les sols, ce qui est un atout en cas de fortes précipitations en évitant de saturer les réseaux.
- Des revêtements perméables, naturels (pleine terre, copeaux de bois…) ou non (stabilisé, béton perméable, résine drainante, pavés végétalisés…) peuvent remplacer l’asphalte des voies piétonnes et cyclistes, même si ces matériaux généralement moins résistants ne sont pas toujours adaptés à la chaussée. Jouer sur la couleur permet aussi de réduire la température du sol, mais attention : des matériaux trop clairs réfléchissent la chaleur vers les passant·es, les éblouissent, et peuvent brûler les jeunes arbres.
- Des matériaux sont conçus et testés spécifiquement pour leurs propriétés rafraichissantes. C’est par exemple le cas du projet Fresh-Ecopavers (lien externe), développé par l’ESITC Caen (et auquel l’Agence Parisienne du Climat est associée), autour de pavés drainants composés en partie de déchets coquillers, capables de drainer l’eau de pluie puis de restituer la fraicheur du sol lors des fortes chaleurs. Ces pavés ont notamment été utilisés dans le cadre d’une expérimentation sur une place à Toulouse (lien externe), associés à un dispositif de récupération de l’eau de pluie.

- Du côté de la chaussée, le projet Cool & Low Noise Asphalt (lien externe) expérimente actuellement avec la Ville de Paris plusieurs formules d’enrobés et d’asphaltes. En variant la couleur et la porosité, ils visent à réduire le bruit de la circulation tout en baissant la température de la rue lors des épisodes de forte chaleur. Trois permanences sont prévues pour la rentrée 2021 pour partager les résultats et répondre aux questions sur le projet.

Source : https://www.apc-paris.com/actualite/comment-ameliorer-confort-passantes-pendant-fortes-chaleurs

Consultez aussi notre dossier sur ce site sur l'adaptation des villes au changement climatique https://www.vigieecolo.fr/2019/08/dossier-climat-et-adaptation-des-villes.html