Les catastrophes climatiques ont fait plus de 140 000 morts en 40 ans en Europe

Publié le par Les Echos via M.E.

L'Agence Européenne de l'Environnement (EEA) estime que les événements météorologiques extrêmes ont tué 142.000 Européens et coûté près de 510 milliards d'euros depuis 1980. Si les catastrophes n'ont pas augmenté ces quarante dernières années, le risque qu'elles se multiplient dans le futur est élevé.

D'après l'AEE, les inondations ont été les catastrophes les plus coûteuses en argent (photo d'illustration). (PHILIPPE LOPEZ/AFP)

Les catastrophes météorologiques sont appelées à se multiplier de plus en plus avec le changement climatique, alors qu'elles coûtent déjà très cher à l'Europe en vie comme un argent. Les canicules, inondations, vagues de froid et autres événements climatiques extrêmes ont tué 142 000 Européens et coûté près de 510 milliards d'euros au continent ces quarante dernières années, selon un rapport de l'Agence Européenne de l'Environnement (EEA) publié ce jeudi.

Les événements climatiques, principalement les canicules, mais aussi les vagues de froid, sécheresses et feux de forêt comptent pour 93 % du nombre total des morts et pour 22 % des dommages financiers, selon le bilan qui repose sur les données de l'organisme Catdat, qui recense les pertes dues aux catastrophes dans le monde entier. A elle seule, la canicule de 2003 a provoqué la mort de quelque 80 000 personnes (57 % du total) dans les 32 pays européens étudiés, dont les 27 membres de l'Union européenne ainsi que la Turquie et le Royaume-Uni.

Allemagne, France et Italie les plus touchées

Si les pertes humaines qu'elles ont engendrées sont beaucoup plus faibles, les inondations ont été les catastrophes les plus coûteuses en argent - 44 % de la facture totale -, loin devant les tempêtes (34 %), selon ce rapport. Quelques événements très graves concentrent le gros du bilan : 3 % des catastrophes recensées sont ainsi responsables d'environ 60 % du coût financier pour la période 1980-2020.

Au niveau national, l'Allemagne est le pays européen qui a le plus souffert, avec 42 000 morts et 107 milliards d'euros de pertes financières. Suivent la France (26 700 morts et 99 milliards d'euros de dommages) et l'Italie (21 600 et 90 milliards). Les catastrophes comme les tremblements de terre et les éruptions volcaniques ne sont pas incluses dans ces chiffres, car elles ne sont pas de nature météorologique.

Hausse des catastrophes dans le monde

A l'échelle de la planète, l'Organisation météorologique mondiale estime que le nombre des catastrophes météorologiques a augmenté au cours des cinquante dernières années. Si cela a conduit à une augmentation des dégâts matériels, le nombre de morts, lui, a reculé.

De récentes études, notamment les travaux du GIEC , montrent que la fréquence et la gravité d'événements comme les sécheresses et les incendies de forêt s'expliquent mieux lorsque le changement climatique est pris en compte, a-t-il toutefois rappelé. Pour d'autres, comme les tempêtes de grêle, les preuves manquent encore.

« Toutes les catastrophes que nous décrivons comme étant liées à la météo et au climat sont influencées par les conditions climatiques. Mais cela ne revient pas à dire qu'elles sont toutes influencées par le changement climatique », a déclaré à l'AFP un expert de l'agence européenne, Wouter Vanneuville.

Augmentation en vue des risques en Europe

Pour l'Europe, l'EEA constate que les données des quarante dernières années ne permettent pas de conclure de façon certaine à un accroissement de ces phénomènes lié au changement climatique du fait des dommages très irréguliers selon les années. Mais il paraît clair que le risque va s'accroître dans un avenir très proche.

Les modèles climatiques prévoient des événements plus fréquents et plus graves, que ce soit des tempêtes, des inondations, des glissements de terrain humides ou des sécheresses et des feux de forêt, a prévenu Wouter Vanneuville. « Pour certains types de phénomènes, comme les tempêtes non tropicales, le signal climatique en Europe n'est pas clair et il n'est donc pas certain qu'ils augmentent. Mais pour d'autres, comme les sécheresses (non seulement en Méditerranée, mais dans la plupart des régions d'Europe), les prévisions climatiques indiquent une intensification », a-t-il expliqué.

Des assurances encore trop peu développées

Des mesures prises aussi bien au niveau individuel qu'étatique sont essentielles pour éviter les risques liés aux phénomènes extrêmes et limiter les dommages, recommande l'EEA « Après 2003, des canicules similaires ont causé moins de morts grâce à la mise en place de mesures d'adaptation », comme l'installation de climatiseurs, souligne l'agence.

Seuls 23 % des biens ayant souffert de dégâts matériels à travers l'Europe étaient assurés. Mais les disparités étaient énormes : ils étaient ainsi 1 % à l'être en Roumanie et en Lituanie, contre 55 % aux Pays-Bas ou 56 % au Danemark. 

Source : https://www.lesechos.fr/monde/europe/les-catastrophes-climatiques-ont-fait-plus-de-140000-morts-en-40-ans-en-europe-1384224