Faire la fête, quoi qu'il en coûte pour soi-même et les autres !

Publié le par M.E.

La contamination massive des jeunes (surtout étudiants) se poursuit avec une transmission du virus identifiée vers les populations plus âgées : parents et grands parents. Les conséquences sont lourdes : malades dits guéris mais avec des séquelles handicapants, encombrement des hôpitaux et des services d'urgence et de réanimation, décès, absentéisme et chômage partiel dans les  entreprises, faillites, coût faramineux pour la collectivité nationale...

Ce que révèle les chiffres de contamination en fonction des classes d'âge, le 6 octobre 2020 : Il apparait que les séniors de 60 à 89 ans se protègent mieux que les jeunes de 20 à 29 ans.

Source : Le Figaro Santé

Tout ceci interroge bien sûr sur ce qui fait que l'on en est arrivé là dans les villes universitaires comme Lille, par exemple. Il est facile d'identifier le rôle des enseignants et directeurs d'institutions d'enseignement supérieur, l'hypocrisie et le laxisme par rapport à l'alcoolisme, le dénigrement de la valeur travail, l'oubli fondamental du rôle des études supérieures pour l'apprentissage de connaissances, de savoir-faire, le manque d'éducation citoyenne de et de transmission de valeurs de la part de l'enseignement scolaire, etc. M.E.

 

Source : La Voix du Nord

Voila ce que décrit la Voix du Nord de ce samedi 10 octobre 2020, sur ces comportements d'insouciance, d'absence de sens des responsabilités et d'altruisme des jeunes étudiants :

Alors que nous venions d’apprendre la fermeture des bars pour au moins quinze jours dans la métropole lilloise, nous nous sommes plongés jeudi dans la nuit lilloise, que les mesures contraignantes n’arrêtent pas. Reportage.

Il n’est pas 22 h, rue Massena, à Lille, quand les bars baissent le rideau. Des centaines de jeunes se retrouvent dehors, plus ou moins alcoolisés, plus ou moins masqués. Tous les groupes se posent la même question : « On va où ? »

Théo (1) organise « un after » auquel il nous convie. Nous sommes une dizaine au départ dans son studio de 30 m². Puis 15, 17, 22, jusqu’à une bonne trentaine. Hormis celui que l’on a sur le nez, les seuls masques que l’on voit sont dans une boîte posée sur un meuble. L’alcool coule, pas à flots, mais suffisamment pour désinhiber les invités. Bientôt ça pogote sur Bande Organisée ou Gradur. On se hurle les paroles en pleine face, on s’enlace, on se sert dans les bras, on se rentre dedans, la Goudale de 75cl se partage au goulot, les deux ou trois pétards tournent. Le voisin râle et le plancher tremble dangereusement.

Théo a les yeux qui brillent de bonheur. « Les fêtes tournent dans la promo et c’est la première fois que c’est chez moi. » Insouciant en cette période ? « Peut-être, mais j’en ai tellement rêvé de cette vie étudiante, d’accueillir des gens chez moi. Je suis en première année. Je suis de Picardie et je suis venu à Lille pour ça, parce que c’est une ville qui vit ! »

Un sondage Opinion Way pour Heyme, la mutuelle des 16-35 ans, révèle ce jeudi que 53 % des étudiants ont le sentiment de passer à côté de leur vie étudiante.

Des fêtes partout

Passé minuit, on part sillonner les rues de Lille à vélo. Sur deux kilomètres, on repère sept appartements en fête. Dans le quartier Vauban, une dizaine d’étudiants venant de sortir d’une soirée interrompue par la police pour tapage se questionnent sur la suite. Ils portent le masque et assurent l’avoir gardé durant la fête... jusqu’à une certaine heure. « Il y a moins de soirées et rien d’officiel, donc celles qui ont lieu sont plus folles. Et ce n’est pas parce qu’ils ferment les bars, que les fêtes vont s’arrêter », prévient Arnaud. Cette opinion est partagée par la vingtaine de jeunes que nous avons interrogés.

Soirées « illégales » et payantes

Et que dire des patrons de bars ? « Aller en cours et étudier, on peut le regretter, mais ce n’est pas comme ça qu’ils conçoivent leur année », analyse Gilles Péron, gérant du bar Base Camp, l’un des bars les plus animés de Massena. « Depuis qu’on doit fermer à minuit, puis 22 h, il y a des fêtes payantes à 15-20 euros l’entrée dans trois à cinq appartements de la rue loués par des associations d’écoles », dénonce-t-il. Jeudi, la nuit était calme dans « la rue de la soif » lilloise. Mais Julia et Mathéo racontent avoir été démarchés dans ce sens par un jeune homme à l’heure de la fermeture et Lucas avoir vu passé des événements sur les réseaux sociaux : « Attention, soirée illégale ». Souvent dans des caves.

Vraiment insouciante cette jeunesse ? Au rez-de-chaussée d’un appart rue Solferino, une dizaine de pas trentenaires élégants écoutent Louise Attaque. « J’ai décidé de m’en foutre du virus, mais de ne plus rentrer voir mes parents le week-end », explique Beaudouin.

Grégory organise des grosses soirées dans des lieux clos et désaffectés de la métropole lilloise. « On devait en faire une le 31 octobre, mais on ne va pas la faire. Ça devient trop sérieux, le virus est là. Et les gens ne sont plus chauds pour ça. On en a fait une début septembre, à 150. À 8 heures, on était moins, mais plus personne n’avait de masque. On s’est regardé, on s’est dit qu’on avait fait une bêtise. »

Chez SR3 Sonorisation, spécialiste de la location de sonos et de lumières, Rue Masséna,, on rapporte qu’en septembre, il y a eu une forte demande. « Pas mal pour des soirées dans des maisons, en dehors de Lille, sur la côte. Mais le week-end dernier, on a eu une vague d’annulations inédites. On sent comme une prise de conscience.  »

« Nous aussi, on a envie de faire la fête  », s’est emportée Martine Aubry, en guise de reproche à la jeunesse. Sauf que les plus âgés ne sont pas exempts. Nicolas a invité 70 personnes chez lui pour fêter ses 45 ans ce week-end. Il compte sur la défection d’une bonne partie d’entre eux. « Je sais déjà qu’une vingtaine ne viendra pas.  » Mais il n’a pas choisi d’annuler.

(1) Les prénoms ont été changés.

Scènes de la vie nocturne lilloise : une victime (jeune fille) allongée, des jeunes escaladant une maison pour rejoindre une soirée et bien sûr du tapage nocturne. Photos M.E.