Combien de temps survit le COVID-19 sur les poignées de porte, WC et autres objets du quotidien ?

Publié le par 20min via M.E.

Alors que l’épidémie de coronavirus progresse en France, nombreuses sont celles et ceux qui s’interrogent sur la survie du virus sur les objets qui nous entourent au quotidien.

Une menace invisible à l’œil nu, mais pourtant bien réelle. Alors que l’épidémie de Covid-19 ne cesse de progresser en France, avec une augmentation importante du nombre de nouvelles contaminations, le message ne cesse d’être martelé. Pour lutter efficacement, il faut appliquer les gestes barrières : se laver consciencieusement les mains, tousser et éternuer dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique. Et se laver à nouveau les mains après tout ça.

Individuellement, chacun doit se conformer à ces règles de sécurité sanitaire et de distanciation sociale pour tenir à distance le coronavirus. Maintenant que les bars, restaurants, cinémas, musées et commerces non alimentaires sont fermés partout en France, chacun est invité à limiter ses déplacements et sorties au strict minimum, pour aller travailler et faire ses courses. Mais y a-t-il un risque si l’on touche un objet ou une surface qui a été en contact avec le coronavirus ? Combien de temps le Covid-19 survit-il sur des objets du quotidien, que ce soit les denrées que tout le monde court acheter au supermarché, les poignées de porte ou encore la cuvette des toilettes ?

Jusqu’à trois jours de survie du Covid-19 sur le plastique et l’acier

Si plusieurs travaux ont abordé cette question, une étude menée par les autorités sanitaires américaines – les National Institutes of Health (NIH) – permet d’en apprendre un peu plus sur la durée de survie du coronavirus sur les surfaces inertes. Les virologues qui ont mené ces essais ont pulvérisé des échantillons du SARS-CoV-2 sur différents types de surfaces inertes et ont ainsi pu établir que ce nouveau coronavirus pourrait survivre jusqu’à trois jours sur du plastique et sur de l’acier, et jusqu’à vingt-quatre heures sur des matières de type carton et papier. De quoi se faire une idée de survie du Covid-19 si éventuellement il était en contact avec les paquets de pâtes, de papier toilette et autres boîtes de conserve dont les Français constituent des stocks ces derniers jours. Mais aussi chez soi, sur les poignées de porte, les plans de travail, les robinets, etc. « Ces surfaces, ce sont les "fomites" : tous les objets potentiellement porteurs de germes et qui peuvent poser des problèmes en matière d’hygiène dans la gestion du coronavirus », explique à 20 Minutes Jocelyn Raude, enseignant-chercheur en psychologie sociale de la santé et des maladies infectieuses à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

Le virus survivrait moins longtemps sur d’autres surfaces : pas plus de quatre heures sur le cuivre, métal majoritaire dans la composition de nos pièces de monnaie. Et environ trois heures maximum sur des aérosols. Des résultats similaires avec ceux obtenus sur les échantillons de SARS-CoV-1, le coronavirus à l’origine de l’épidémie de Sras, qui touché l’Asie, puis le reste du monde, en 2003.

Présence du virus ne signifie pas contamination par les objets

Ces données, qui doivent encore faire l’objet de travaux complémentaires, pourraient laisser penser que la transmission du virus par l’air et par les objets est « plausible ». Toutefois, la survie du virus sur certaines surfaces ne signifie pas nécessairement que les risques d’être infecté en les touchant soient avérés.

Ainsi, les particules du virus peuvent être présentes sans représenter un fort risque infectieux, puisque, comme le rappelle la Dre Angela Rasmussen, virologue à la prestigieuse université de Columbia à New York, « si les virus peuvent rester présents sur certaines surfaces plusieurs jours, le nombre de particules virales infectieuses se réduit considérablement, jusqu’à 1.000 fois », précise-t-elle sur Twitter.

Désinfecter, désinfecter et désinfecter

La virologue américaine rappelle toutefois l’importance des gestes barrières et préconise de « désinfecter régulièrement les poignées de porte, les comptoirs, de se laver fréquemment les mains, de ne pas toucher son visage et de pratiquer la distanciation sociale ».

La Dre Rasmussen rassure au passage celles et ceux qui s’inquiéteraient de recevoir des cartons contaminés puisque le coronavirus n’y survit pas plus de vingt-quatre heures, mais appelle les livreurs à prendre des précautions d’hygiène supplémentaires. Car le respect des gestes barrières reste la clé contre la propagation du coronavirus.

Ainsi, une précédente étude, publiée le 5 mars dans la revue scientifique américaine JAMA, a montré que les patients atteints du Covid-19 contaminaient largement leur chambre et leur salle de bains, soulignant la nécessité de nettoyer régulièrement les surfaces comme les lavabos et les cuvettes. Pour leurs travaux, les chercheurs ont examiné les chambres de trois patients gardés en isolement. Une des chambres a été testée avant son nettoyage de routine, alors que les deux autres ont été analysées après des mesures de désinfection. Le patient dont la chambre a été testée avant le nettoyage présentait une simple toux, alors que les deux autres montraient des symptômes plus graves avec de la toux, de la fièvre, des essoufflements pour l’un et du crachat de mucus pulmonaire pour l’autre.

Malgré ses symptômes bénins, le premier patient a contaminé 13 des 15 surfaces analysées par les chercheurs, dont sa chaise, son lit, sa fenêtre et le sol. Dans ses toilettes, trois surfaces sur les cinq testées, dont son lavabo et sa cuvette, présentaient des traces du virus, suggérant que les selles pourraient être une voie de transmission. L’étude, menée par des chercheurs du Centre national des maladies infectieuses de Singapour et du DSO National Laboratories, a démontré que le virus ne survit pas à un nettoyage des surfaces contaminées à l’aide d’un désinfectant d’usage courant deux fois par jour.

Transmission par les gouttelettes

Mais il faut garder à l’esprit que le principal mode de transmission du virus, ce sont les gouttelettes projetées par une personne contaminée lorsqu’elle parle, tousse ou éternue. Des gouttelettes qui peuvent atteindre toute personne dans un rayon de 1 m lorsqu’on ne se protège pas, d’où l’importance de rester confiné ou au moins de porter un masque si l’on est contaminé par le SRAS-CoV-2.

Or, beaucoup de personnes, enfants et jeunes adultes en particulier, peuvent être porteuses asymptomatiques du virus. Et donc ne pas savoir qu’elles sont malades, et ainsi propager le virus autour d’eux. Ce qui explique les mesures de confinement et les fermetures des écoles et universités annoncées en fin de semaine par le chef de l’Etat.

A ce jour, la France recense 5.423 cas confirmés de coronavirus et 127 morts.

Source : https://www.20minutes.fr/sante/2741523-20200316-video-coronavirus-combien-temps-survit-covid-19-poignees-porte-wc-autres-objets-quotidien

Pour en savoir plus sur la physiopathologie des infections virales