Rapport de réflexions dix ans après l’accident de Fukushima Daiichi

Publié le par IRSN via M.E.

Comment tirer parti du retour d’expérience de l’accident de Fukushima Daiichi, tant pour accroître la robustesse des installations nucléaires face à des aléas extrêmes que pour progresser en matière de gestion post-accidentelle ? Dans un rapport intitulé « Anticipation et résilience : réflexions dix ans après l’accident de Fukushima Daiichi », les experts de l’IRSN apportent un éclairage sur ce sujet complexe aux enjeux considérables.

La centrale de Fukushima-Daichi le 11 mars 2011 (photo TEPCO)

L’évolution des objectifs, approches, méthodes d’analyse et critères d’appréciation en matière de sûreté nucléaire témoignent de la volonté permanente de recherche d’améliorations dans ce domaine.

Si d’importants progrès ont été réalisés ces cinquante dernières années afin d’accroître la robustesse des installations nucléaires dès leur conception et tout au long de leur phase d’exploitation, la survenue d’événements aux conséquences potentiellement graves ne saurait être totalement écartée. Dès lors, il est nécessaire de réfléchir à la meilleure façon de faire face à ce qu’on appelle le « risque résiduel » en s’interrogeant sur la capacité des acteurs nucléaires d’une part à prévenir un accident majeur et d’autre part à y répondre s’il survenait en dépit des mesures préventives mises en œuvre.

À cet égard, le retour d’expérience de l’accident de Fukushima Daiichi et les recherches réalisées depuis dans le domaine des sciences humaines et sociales soulignent l’importance de considérer les hommes et les organisations comme parties prenantes des parades déployées dans les installations. Le bilan dressé par l’IRSN montre également que la gestion post-accidentelle, dans l’ensemble de ces dimensions, y compris politiques et sociétales, rend nécessaire le déploiement d’approches systémiques susceptibles de conduire à une évolution des principes retenus jusqu’à présent.

Destiné à tous ceux que les questions de sûreté nucléaire, et plus généralement de gestion des risques, intéressent, ce nouveau rapport de l'IRSN invite à s’interroger sur les pratiques en vigueur dans ces domaines, sur la manière dont les acteurs contribuent à la maîtrise des risques des installations nucléaires, sur la nécessité de développer d’autres approches, pour mieux apprécier les risques, tant dans le cadre du fonctionnement normal des installations qu’en situation d’accident.

Mieux évaluer pour prévenir l’accident nucléaire, mieux se préparer pour y faire face s’il survient, ce qui ne peut être exclu : il est de la responsabilité des experts, au rang desquels l’IRSN, de poursuivre les réflexions, d’améliorer les connaissances, de développer de nouvelles approches, plus systémiques. Il s’agit de permettre aux décideurs de prendre des décisions « éclairées » au regard des enjeux de protection des personnes et de l’environnement et de sûreté des installations. Ce rapport n’a d’autre ambition que de proposer quelques pistes pour nourrir une réflexion en ce sens.

Les différents chapitres du rapport :

Chapitre 1 : Le retour d’expérience, une mine d’information à mieux exploiter

Chapitre 2 : Robustesse des installations et capacité de réponse des hommes et des organisations à des situations imprévues

Chapitre 3 : Conjonctions de dysfonctionnements ou d’événements de très faibles probabilités, comment appréhender les risques associés à ces situations ?

Chapitre 4 : La gestion d’une situation post-accidentelle : un processus essentiellement sociétal

Chapitre 5 : Les populations après l'évacuation

Chapitre 6 : Les exercices de crise, limites et opportunités

 

Télécharger le rapport IRSN 2021-00001 « Anticipation et résilience : réflexions dix ans après l’accident de Fukushima Daiichi » (PDF 2,12 Mo)

N.B. L’IRSN est l’expert public en matière de recherche et d’expertise sur les risques nucléaires et radiologiques. L’IRSN est placé sous la tutelle conjointe des ministres chargés de l’écologie, de la recherche, de l’énergie, de la santé et de la défense.

Le champ de compétences de l'IRSN couvre l'ensemble des risques liés aux rayonnements ionisants, utilisés dans l'industrie ou la médecine, ou encore les rayonnements naturels.

Plus précisément, l'IRSN exerce ses missions d'expertise et de recherche dans les domaines suivants :

  • Surveillance radiologique de l’environnement et intervention en situation d’urgence radiologique.
  • Radioprotection de l’homme.
  • Prévention des accidents majeurs dans les installations nucléaires.
  • Sûreté des réacteurs.
  • Sûreté des usines, des laboratoires, des transports et des déchets.
  • Expertise nucléaire de défense.

Source : https://www.irsn.fr//FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20210303_Rapport-IRSN-Anticipation-et-resilience-reflexions-dix-ans-apres-fukushima-daiichi.aspx