Pourquoi il ne faut pas attribuer un quatrième mandat à Madame Aubry ! (Dossier actualisé )

Publié le par M.E.

Préambule : Le texte qui suit n'est en rien le résultat d'une quelconque volonté de règlement de compte. Il s'agit de faire le constat des actions entreprises pour préserver un futur soutenable pour la ville de Lille et de rendre celle-ci si possible résiliente. La valeur des réalisations d'un mandat doit être évaluée sur les actes et, non sur l'aura d'une élue entretenue par ses alliés politiques, certains intellectuels et le monde médiatique parisien.

Dans cet article, ne sera pas détaillée l'attitude constante de l'édile de la ville par rapport aux présidents de la République et leurs gouvernements successifs, ni son reproche simultané fait à ceux-ci de ne pas la soutenir dans de nombreux dossiers. On ne procédera pas non plus, comme elle le fait si souvent à l'égard de ses adversaires politiques ou personnels, à un rappel des différentes irrégularités [21], des mensonges proférés ou encore des fraudes avérées lors d'élections internes au Parti Socialiste [1].

Des évaluations comparatives des villes sont régulièrement faites et publiées par certains magazines (par exemple cf [2], [3] ). Souvent critiquables sur le plan des critères d'évaluation choisis, ces dernières, n'intègrent pas ou très peu l'impératif de transition (ou plutôt de rupture) écologique. Le concept du supplément écologique qui vient en plus ou à la fin n'a plus aucune légitimité. Perpétuer et encourager l'idée que cela n'intéresse pas les Lillois, car ceux-ci ne seraient intéressés que par "les aspects sociaux et économiques" est coupable. La pollution de l'air tue chaque année plus que le COVID-19 et le réchauffement climatique s'accélère au point que les épisodes de chaleur vont avoir des conséquences sanitaires dures et quelquefois mortelles pour les habitants. Climat, pollutions de l'environnement et santé publique sont indissociables.

A tout ceci s'ajoute à un chômage toujours plus élevé que la moyenne nationale [4], une population très touchée par des maladies chroniques [6] : surpoids, obésité, diabète, maladies cardiovasculaires et broncho-pulmonaires, cancers, maladies neurodégénératives, etc.  et la pauvreté [5], [20].

Introduction : Sur de nombreux aspects, le bilan n'est pas bon. La ville n'a pas été transformée pour affronter le changement climatique et les épisodes de chaleur extrêmes, déjà présents, et les Lillois resteront, encore et encore, exposés à la pollution de l'air et victimes d'incivilités et d'une criminalité qui pourrissent leur vie au quotidien.

Mots-Clés : CLIMAT – EPISODES DE CHALEUR – MOBILITE & TRANSPORTS – POLLUTION AIR – BRUIT – PROPRETE – ESPACES PUBLICS – INCIVILITES ET CRIMINALITE - LOGEMENT - PAUPERISATION

Bilan de l'action climatique : Réduction des émissions des gaz à effet de serre

Malgré la rédaction et publication d'un agenda 21 en 2000, puis la signature du pacte finance-climat en 2019, la municipalité a peu avancé dans le domaine de la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La part de la voiture dans les modes de transport est toujours trop élevée et les objectifs pourtant modérés du plan de déplacement urbain 2010-2020 n'ont pas été atteints [7].

La ville de Lille envahie par les voitures : ici une petite rue de desserte locale. Photo M.E.

Il n'y a pas non plus de réduction du poids par habitant de déchets à recycler ou à incinérer.

La rénovation thermique de l'habitat individuel ou collectif avance mais de manière trop mesurée. Il y a aussi trop peu d'incitations à s'équiper en sources d'énergie renouvelables comme par exemple le solaire thermique, le photovoltaïque, la géothermie.

Au contraire, certains élus ont poussé les Lillois à s'équiper en chauffage au bois alors que celui-ci est autant nocif que le charbon pour la pollution de l'air. Ce bois-énergie contribue, en outre, à la destruction des forêts et des écosystèmes forestiers en France, en Europe et dans le monde avec un bilan carbone loin d'être idyllique. En effet, le bois vient souvent de Pologne, d'Ukraine, de Russie ou d'Amérique du Nord. La transformation de centrales à charbon comme celle de Lille-Fives en centrale à biomasse est tout aussi irresponsable et a suscité une très forte opposition d'ailleurs des habitants locaux.

Bilan de l'action climatique : adaptation de la ville au changement climatique

 Nous constatons depuis trois mandats qu'aucune action concrète d'ampleur n'a été menée pour lutter contre les îlots de chaleur urbains et développer les espaces de fraîcheur pour les habitants. Au contraire, on a encore plus accentué la vulnérabilité de la ville aux épisodes caniculaires en continuant à bâtir et à bétonner le moindre espace disponible dans cette ville cruellement dépourvue d'espaces verts en nombre et surface suffisants.

Nouveaux immeubles construits Rue Malpart. Photo M.E.
Immeubles récents au Bois Habité et à Lille-Moulins

Le projet immobilier Saint Sauveur (23 hectares) voulu par Martine Aubry et son équipe, s'il devait se réaliser priverait la ville de Lille d'un poumon vert bénéfique pour le climat, la biodiversité et la santé des habitants petits et grands [9], [10], [14]. La ville de Lille, même si c'est un héritage de l'histoire de tous les anciens Pays-Bas, est aujourd'hui beaucoup trop minérale. Or tous les rapports concernant l'adaptation au changement climatique montrent que le levier d'action essentiel est "la réintroduction d'espaces naturels et plus largement de végétal dans la ville" : triple effet physico-chimique : absorption du CO2 ("puits de carbone"), captation des polluants, production de fraicheur lors des épisodes caniculaires. On perçoit donc bien l'intérêt d'une démarche intégrée climat-air-santé, qui n'est pas ici mise en application dans ce projet !

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Les trop peu nombreux espaces verts de la ville de Lille

Les rues étroites des quartiers anciens accumulent la chaleur l'été et les polluants de l'air toute l'année et les constructions récentes vont perpétuer ce problème !

Exemple typique d'une rue "canyon" : la Rue Basse dans le vieux Lille. Photo Wikipedia

Les organismes comme Météo France nous alertent sur l'accélération du changement climatique. C'est ainsi que les épisodes caniculaires s'espaçaient tous les dix ans autrefois et sont aujourd’hui non seulement plus fréquents d'année en année, mais augmentent en intensité.

Une température record de 43°C a été enregistrée le 25 juillet 2019 à la station Météo France de Lesquin (59) et des températures encore plus élevées constatables au sein des rues étroites du centre-ville de Lille.

On n'a pas identifié d'initiative conséquente pour diminuer la place attribuée au stationnement ou à la circulation des voitures et camions au profit de la création d'espaces arborés pouvant apporter fraîcheur, biodiversité et une certaine captation des polluants de l'air ambiant.

Les matériaux utilisés pour les trottoirs : bitume, dalles et la suppression de certains bassins comme par exemple devant la gare Lille-Flandres contribuent à l'accumulation de chaleur au niveau du sol. A cela, s'ajoute la destruction de nombreux arbres dans la ville.

Place Louise de Bettignies refaite sans saisir l'opportunité de créer un vrai espace arboré. Photo M.E.

 

La Place des Archives refaite récemment, après avoir supprimé les arbres ! Photo M.E.

On peut déplorer aussi l'absence d'incitation et d'impulsion à la végétalisation des façades et des toitures dont les bienfaits sont pourtant connus de longue date. Rétention de l'eau de pluie, apport de fraîcheur l'été, continuité écologique pour la biodiversité, etc.

Pour comprendre comment on pourrait faire autrement, vous pouvez vous reporter aux nombreuses sources citées dans le dossier thématique "Climat et adaptation des villes" sur ce site.

Bilan des actions mobilité et transports

Depuis 1989, il n'y a pas eu de nouvelle ligne de métro ou de tramway créée alors que dans de nombreux quartiers, on est bien loin de la règle recommandée d'une station à moins de 500 m.

Malgré l'extension de la métropole, la densification de population de la ville et l'accroissement considérable des étudiants logeant dans la ville, l'offre de transport n'a pas bougé, sauf du côté des lignes de bus LIANE improprement appelées "lignes à haut niveau de service" alors qu'elles ne vérifient pas les conditions requises pour cette appellation.

Il faut se rappeler qu'à une certaine époque la métropole lilloise a compté 14 lignes de tramways contre 2 seulement aujourd'hui.

La mobilité piétonne n'est pas non plus toujours facile. Le piéton comme le cycliste est exposé à une pollution forte, les trottoirs, dans le Vieux Lille sont dotés de pavés irréguliers et dans beaucoup d'autres rues, l'entretien des trottoirs laisse à désirer vu le nombre de trous non rebouchés, ces derniers pouvant causer des chutes.

Les parents avec poussettes, les handicapés en fauteuil roulant et les piétons âgés ne semblent vraiment pas être pris en compte et la réflexion sur l'amélioration de la mobilité piétonne est inexistante.

La Place Maurice Schumann et l'état de sa chaussée et de ses trottoirs. Photo M.E.

Quant à la mobilité cyclable, même si la métropole a contribué via les vélos en libre-service à réaccoutumer les habitants à la bicyclette, on ne peut pas dire que la ville de Lille offre un environnement sécurisé pour les cyclistes. Les pistes cyclables sont souvent présentes dans un seul sens de circulation. Les cyclistes ne sont pas protégés des émissions et des éventuelles rencontres dangereuses avec les véhicules motorisés. Il n'existe nulle part de partie cyclable sur les trottoirs. Le résultat de toute cette situation défavorable est une part très modeste du vélo (< 5%) dans les modes de transports utilisés par les lillois comparativement à d'autres villes françaises et européennes [7].

Or toutes les études réalisées montrent que la condition du développement de l'usage du vélo en ville passe par un environnement sécurisé pour les cyclistes [16].

Bilan de la lutte contre la pollution de l'air

La crise sanitaire du COVID-19 et le confinement ont apporté aux lillois pendant plusieurs mois un répit bien apprécié dans l'exposition à la pollution de l'air, celui-ci étant dû à la baisse drastique des flux de véhicules dans la ville, dans le voisinage régional et des autres activités. Cela ne doit pas nous faire oublier, puisque la municipalité n'a quasiment rien fait pour que "le monde d'après" soit meilleur, que les causes de la pollution de l'air sont multiples.

Les constituants de la pollution de l'air les plus dangereux sont les particules fines (PM2,5) et ultrafines (PM1,0 et PM0,1), les oxydes d'azote (NOx) et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et suies. Autant les oxydes d'azote et HAP se concentrent près des sources d'émissions à cause de leur densité élevée autant les particules fines et ultrafines vont se disperser à grande distance.

C'est pourquoi, il faut rappeler qu'environ un quart seulement des particules fines PM2,5 sont produites au sein de la ville elle-même alors que 42% viennent des pays voisins (B, NL, UK et D), 23% du reste de la France et des villes de la métropole lilloise et enfin, 12% environ vient des émissions de la nature elle-même [8]

Cela veut dire que toute politique pro-active de lutte contre la pollution de l'air doit s'attaquer aux causes locales : circulation, chauffage de l'habitat, émissions industrielles et agricoles, destruction des déchets, BTP, etc. mais aussi doit faire appel à une coopération avec les autres villes et territoires en France et en Europe.

L'inaction de la ville de Lille et de la métropole lilloise est donc patent [19] !

Pour rappel, la pollution de l'air n'a pas miraculeusement disparue en début d'année 2020. Simplement les conditions météorologiques (vent fort, pluie) étaient favorables à la dispersion et à la précipitation des polluants vers le sol. Compter sur la météo pour diminuer l'exposition des habitants et résidents aux polluants de l'air ambiant n'est donc pas une attitude acceptable de la part d'un édile de la ville.

Relevés ATMO station de Lille-Fives pour la concentration en particules fines PM2,5

Rappelons que si on se base sur le nombre de journées où la qualité de l'air n'est pas conforme à la directive OMS de 2005, les comptages basés sur les moyennes journalières de la station ATMO de Lille-Fives donnent pour les concentrations en particules fines PM2,5 les chiffres suivants :

2014 : 198 jours/365, 2015 : 197 jours/365, 2016 : 216 jours/365, 2017 : 223 jours/365, 2018 : 224 jours/365, 2019 : 167 jours/365.

Rappelons que la pollution de l'air tue chaque année 1 700 personnes dans la métropole lilloise c'est bien plus que le COVID-19 avec d'autres impacts sanitaires comme bronchiolites, asthmes, BPCO, AVC, diabètes, cancers pulmonaires, maladies neurologiques, etc.

Photo E.C.

La mauvaise qualité de l'air est la "pointe de l'iceberg" de notre civilisation productiviste, individualiste et addict à la consommation. C'est le signe tangible de l'absence de politique sérieuse de lutte contre le changement climatique.

Cette pointe cache comme vous le savez, entre autres :

  • notre mode de mobilité privilégiant, encore et toujours, aujourd'hui la voiture (diesel) même pour des déplacements de moins de 1 000 m ou le camion (diesel) pour les marchandises, et pour certains, l'avion pour les week-ends de détente loin/très loin du domicile,
  • notre façon de nous chauffer avec des combustibles très polluants (charbon, bois, fuel),
  • notre façon de traiter les déchets en privilégiant l'incinération plutôt que le recyclage, par exemple, et surtout la réduction du poids de déchets par habitant,
  • notre agriculture qui tarde trop à se débarrasser de son mode dominant productiviste, polluant simultanément plantes, sols, eau et air avec abondance de pesticides, et rendant aussi malades les agriculteurs,
  • notre façon de concevoir les villes où la destruction des espaces verts et des écosystèmes est organisée pour occuper chaque m2 disponible par des nouvelles constructions bétonnées et rendre ces villes, de plus en plus inaptes à permettre l'évacuation des polluants, mais aussi, de la chaleur lors des épisodes caniculaires !

Bilan de la lutte contre le bruit

Celui-ci est aussi un grand oublié. Dans la ville de Lille, il faut dire qu'il y a souvent superposition de trois sources d'émissions sonores. En premier dans la journée, et dans une moindre mesure la nuit, le trafic routier. Celui-ci est amplifié dans certains quartiers par la base qualité du revêtement de la chaussée, le taux très élevé de véhicules à motorisation Diesel et la vétusté du parc roulant lillois. Les rues pavées sont les plus difficiles à vivre lorsqu'elles sont ouvertes à la circulation motorisée.

La deuxième source d'émission est constituée par l'ensemble des incivilités nocturnes dont souffrent nombre d'habitants de la ville de Lille : personnes ivres, sorties de boites de nuits ou de bars de 3 heures à 6 heures du matin avec voix fortes, cris et vociférations, autoradios et fenêtres ouvertes des voitures des fêtards de la nuit, rodéos avec différents engins motorisés : motos, quads, etc.

A tout cela, mon devoir est aussi de signaler le piètre choix des véhicules liés à la propreté : collecte des déchets, aspiration et nettoyage des rues… Tous ces véhicules et leurs équipements sont aussi bruyants qu'un avion de transport moderne à réaction au ralenti !

La conséquence de tout cela est que de nombreux habitants ont une très mauvaise qualité de sommeil avec des conséquences durables sur leur santé : problèmes cardiaques, problèmes de mémoire, fragilisation des défenses naturelles de l'organisme, etc.

Les conséquences de l'exposition au bruit sur la santé humaine

Bilan du combat pour la propreté

Le niveau de propreté faible de la ville de Lille provoqué par le comportement incivique de nombreux habitants est une véritable atteinte à la dignité des habitants et des personnes travaillant dans notre ville ou simplement de passage.

La municipalité dépense des sommes très importantes pour la collecte des ordures ménagères et le nettoyage de la ville, mais sans résultats vraiment probants, car il existe un refus de vraiment pister et de sanctionner avec sévérité ceux qui salissent la ville, créer des décharges sauvages dans les rues ou laissent des situations d'après-chantier innommables. Ce ne sont pas les recommandations des rapports effectués par les conseils de quartier [17] qui manquent pour avancer. Mais rien de vraiment nouveau et de sérieux n'a été entrepris !

Cette saleté bien généralisée est plus proche d'une ville du tiers monde que d'une ville d'Europe du Nord, et ce n'est pas acceptable ! C'est un véritable repoussoir pour les investisseurs qui voudraient installer leurs établissements et leurs collaborateurs dans notre ville. Le manque d'espace vert et la saleté s'opposent complètement à l'attractivité de la ville. Lorsqu'on demande l'avis à des personnes visitant notre ville ou à des personnes qui se sont installées récemment, c'est la saleté de la ville qui revient, le plus souvent, en tête des points négatifs cités au même titre que l'insécurité qui sera abordée plus loin [15]

Canettes en aluminium, bouteilles en verre, sacs d'emballage en plastique, restes alimentaires, … le laisser aller habituel ! Photo M.E.

 

Une vrai décharge sauvage sur un trottoir .... cause probable : un déménagement. Photo M.E.

 

Etat lamentable des poubelles. Photo M.E.

 

Les espaces publics dégradés et délaissés

Dès que l'on s'éloigne du centre stricto sensu de chaque grande ville de la métropole, on s'aperçoit de l'état peu satisfaisant des façades de maisons ou d'immeubles et surtout des chaussées et trottoirs et un état de propreté insupportable pour tout habitant ou candidat à l'installation dans la ville.

Voici aussi une réflexion en 2004 d'un contributeur de la commission "Vision & Attractivité" du Conseil de Développement de Lille Métropole :

"L'attractivité stipule aussi qu'on fasse le choix de la qualité. Or, le Nord de la France continue dans ce domaine à se contenter de peu, comme s'il 'y avait parfois un consentement implicite à la non-qualité. La pauvreté serait-elle encore un fonds de commerce électoral ?

Or, sur ce sujet, les investisseurs et les créateurs de richesse ne s'y trompent pas. Cette non-qualité, ils la voient tout de suite et sont dissuadés de s'intéresser à Lille quand ils doivent attendre sous la pluie un taxi à Lille-Europe à 9 h du soir, quand ils aperçoivent ça et là des paysages urbains médiocres, des espaces verts indigents, des fonctionnaires à vocation «économique » qui ne parlent pas le même langage qu'eux, des chercheurs introuvables, des maires innombrables, des promoteurs et des commercialisateurs qui ne savent plus à quelle instance publique s'adresser, des administrations superposées indéchiffrables, des prélèvements obligatoires élevés et un shopping de luxe réduit à deux rues ...

Et tout ça pour 2,5 millions d'habitants dans un rayon d'une demi-heure en voiture autour de la Grand'place de Lille... "

C'est une remarque qui date de 16 ans certes, mais est-ce que cela a vraiment évolué depuis ? Pas sûr !

Mentionnons aussi le choix des matériaux pour les trottoirs et espaces publics : Jolies dalles ou pavés égalisés pour les quartiers touristiques, goudron insalubre, difficile à laver et rapiécé mal, le plus souvent pour les quartiers plus excentrés.

Un exemple de façade très dégradée dans le vieux Lille. Photo M.E.
Un exemple de trottoir dans la Rue Nationale... en plein centre ville ! Photo M.E.
Etat lamentable de la chaussée. Avenue du Peuple Belge. Photo M.E.

Une absence d'efficacité pour lutter contre les fléaux de la ville

La volonté d'internationalisation, de développement de l'attractivité de la ville se heurtera toujours si rien ne bouge à quatre points noirs, fléaux majeurs liés entre eux : la malpropreté, l'alcoolisation des jeunes, la dégradation des rues, façades et espaces publics de la ville, l'insécurité dans certains quartiers. Refusant "d'ostraciser les jeunes et les étudiants en particulier", la maire de la ville a transformé sa ville progressivement en gigantesque cité universitaire "festive". C'est ainsi que l'alcoolisation et la vie nocturne des jeunes se perpétue avec pour conséquence,

  • des tapages nocturnes, vociférations sous les fenêtres des habitants qui souhaiteraient pouvoir dormir,
  • des incivilités et dégradations : poubelles renversées, incendies de poubelles, tags, vitrines cassées, rétroviseurs de voitures détruits, etc.
  • des étudiants et autres jeunes dont la santé sera atteinte de manière durable dans le futur,
  • des performances éducatives amoindries par le manque de sommeil et les addictions combinées (alcool, tabac, drogues).

La politique anti-alcoolisation est molle et schizophrénique. A la fois, on essaie de responsabiliser les cafetiers et tenanciers de boites de nuits, par une charte de la vie nocturne et en même temps sous prétexte de ne pas se mettre à dos des professions, on retarde les horaires de fermeture des établissements de nuit et on ferme l'œil sur les boutiquiers vendant de l'alcool au-delà des horaires légaux.

On justifie la fermeture plus tardive autorisée des boites de nuit par la concurrence des établissements belges et pour faire diminuer le flux de jeunes se rendant en Belgique. Donc au lieu de jouer l'intérêt général et le bien commun (la santé publique et la sécurité routière) en se concertant avec nos voisins dans le cadre de la coopération eurométropolitaine, on continue à servir les intérêts de quelques-uns en oubliant les conséquences sanitaires, éducatives, sécuritaires graves que cela entraine.

L'édile de la ville revendique la part municipale dans la gestion de la sécurité de la ville en déclarant avoir une concertation régulière avec la Police Nationale tout en ayant autorité sur la Police Municipale.

Mais ceci ne se traduit, ni en actes dissuasifs et répressifs, ni a fortiori en résultats avec au contraire des débordements qui vont en gravité croissante comme le montrent hélas les jeunes alcoolisés qui se sont noyés dans le Canal de la Deûle en pleine nuit !

Face à ses débordements qui pourrissent la vie des Lillois qui travaillent, ceux-ci s'entendent dire "Ils ne dorment pas… c'est de leur faute. Ils n'avaient qu'à pas s'installer en zone festive". Et qui décide de ce qui est quartier festif ou non !

Cette notion de "zonage festif" où tout est permis n'a jamais existé en droit français ! Le droit au sommeil est pour tous. Nulle part dans la législation et règlementation françaises existe la notion d'autorisation de faire du bruit à une heure donnée !

Dans un paragraphe précédent, a été décrit les dommages à la santé humaine provoqués par le manque ou la mauvaise qualité du sommeil. Beaucoup de Lillois des différents quartiers de festivité sont contraints de dormir les fenêtres fermées pour minimiser le bruit au détriment encore une fois de leur santé. En effet, les chambres dans les habitats modernes sont de petits volumes et conduisent à des teneurs en dioxyde de carbone élevées surtout en fin de la période de sommeil (18].

Des quartiers pourris par l'insécurité

En matière d'insécurité, des quartiers de la ville connaissent la loi du plus fort, une police qui ne fait plus respecter l'ordre public : Moulins, Lille-Sud, Le Faubourg-de-Béthune, une partie de Wazemmes, etc. Tout concorde, dans les faits et les paroles, sur une absence de volonté de mettre fin réellement au trafic de drogues et/ou d'armes, au communautarisme et au militantisme islamiste.

Beaucoup de sociologues et politologues s'accordent à dire que de nombreux élus ont choisi la politique du laisser-faire et du "pas de vague" pour avoir une certaine tranquillité des quartiers "sensibles" et ainsi obtenir en retour des contreparties électorales [11], [12].

Gros scooters, bruit et rodéos à Lille-Sud

 

Grosses voitures "haut de gamme" achetées probablement avec de l'argent sale - Lille Centre

En refusant la télésurveillance fixe ou mobile et temporaire, la municipalité garantit la tranquillité et l'impunité aux voleurs, trafiquants de drogues et autres caïds au détriment des habitants qui en souffrent durement. Quel exemple donne-t-on aussi à la jeunesse lorsque celle-ci au lieu de travailler dur à l'école, au collège et au lycée constate que l'on peut gagner bien mieux sa vie en trafiquant ?

Le logement, un problème pour les familles

En matière de logement, les habitants lillois sont victimes d'une hausse continue des coûts du logement (achat ou location) due à trois phénomènes conjugués :

  • une insuffisance drastique de mise construction de logements depuis des années,
  • des étudiants qui occupent des appartements en collocation ou des appartements fractionnés en studios sans construction parallèle de résidences universitaires, bénéficiant d'allocations au logement profitant de fait aux propriétaires de biens [13],
  • des ménages de plus en plus petits (divorces) augmentant de fait la demande en logement,
  • une proportion importante de logements vides et d'espaces de bureaux ne trouvant pas preneur.

A l'occasion de l'affaire du projet immobilier sur la friche Saint Sauveur [9], [10], a été mise en évidence, cette non-optimisation du potentiel de logements existant. Au lieu de sacrifier les derniers hectares de verdure de la ville avec ce projet, nous avons demandé à ce qu'on réhabilite l'existant, qu'on fasse diminuer la proportion énorme de logements vacants et qu'on reconvertisse les superficies de bureaux en logements.

A cause de la disparition d'une offre suffisante en logements de 3 à 5 pièces, les familles n'arrivent plus à se loger à Lille et doivent opter pour une habitation beaucoup plus loin de leur lieu de travail ce qui se traduit par des trajets, de la pollution induite, des émissions de CO2, du stress et des contraintes supplémentaires.

Une ville paupérisée et un "vivre-ensemble" menacé

La gouvernance Aubry, durant ses trois mandats, a donc laissé la ville se transformer en ville universitaire avec tous les impacts positifs (jeunesse) et négatifs que cela implique : cohabitation difficile entre habitants et une population temporaire festive, très alcoolisé, souvent incivile et bruyante.

On peut être aussi très critique sur l'absence de réaction face à une métamorphose accélérée de certaines rues commerçantes qui à cause de la surenchère en matière de coûts de location ont vu les commerçants être remplacés par des banques, assurances, enseignes franchisées de téléphonie et de lunetterie paupérisant à moyen terme les quartiers et la vie sociale.

En conséquence, une attractivité réelle de la ville diminuée, une ville paupérisée, une ville fragilisée, car ne pouvant protéger ses habitants du changement climatique et de la pollution de l'air. Non décidément, le bilan des actions menées pendant ces 3 mandats est très maigre !

Un site [15] a recueilli comme pour beaucoup d'autres villes de France des avis sur la ville de Lille. Celle-ci se retrouve classée 148ème sur 219 et on y retrouve énormément d'avis qui concordent avec le mien.

Que ce soient pour les citoyens qui veulent s'installer dans la ville ou les investisseurs confrontés à un choix d'implantation de leur futur établissement, hélas le tableau de l'attractivité est bien assombri par différents facteurs :

  •  un manque criant d'espaces verts, d'espaces de jeux pour les enfants,
  •  une ville trop minérale où l'on souffrira de plus en plus d'une chaleur écrasante l'été,
  • une pollution de l'air ambiant proche de celle des villes les plus polluées en France,
  • des quartiers très mal desservis par les transports publics urbains,
  • un manque de soins pour les sols, les chaussées et les façades des bâtiments,
  • des trottoirs mal entretenus ou inhospitaliers pour les personnes âgées, les handicapés
  • une misère présente à tous les coins des rues,
  • une absence de possibilité de véritable scolarisation internationale des enfants,

Tout cela, malgré des initiatives qu'il faut saluer comme Euratechnologies, Eurasanté qui ont été favorables au développement économique et à l'emploi scientifique dans la ville et la métropole.

Non, décidément, on ne peut confier un mandat de plus à Madame Aubry.

M.E.   

Références bibliographiques

  1. Karim Rissouli, Antonin André, Hold-uPS, arnaques et trahisons, Editions du Moment, 2009.
  2. Le palmarès des 70 villes les plus attractives de France, Le Point, 12 juin 2019.
  3. Le classement des métropoles, Challenges, 14 novembre 2019.
  4. Comparateur de territoire, département du Nord, INSEE, 16 juin 2020
  5. Lille : Un quart de la population lilloise (57 000 personnes) est pauvre, révèle une étude, La Voix du Nord, 20 mars 2018.
  6. Diagnostic territorialisé de santé de la région des Hauts-de-France, ARS Hauts-de-France, 28 février 2019.
  7. Enquête déplacements 2016, territoire de la métropole européenne de Lille,  Rapport de synthèse, MEL, mars 2017.
  8. Urban PM2.5 Atlas: Air Quality in European cities, European Environment Agency, 2017.
  9. Pourquoi nous ne voulons pas de ce projet d'aménagement de la ZAC Saint Sauveur (réactualisé), vigieecolo.fr, 14 avril 2018.
  10. Projet Saint Sauveur : Notre opposition résolue à ce projet n'est pas modifiée par les documents fournis pour l'enquête publique, vigieecolo.fr, 8 mars 2019.
  11. Clientélisme et quartiers populaires ? Le blog de Yasser Louati, Mediapart, 28 février 2017.
  12. Islam : le clientélisme communautariste décomplexé des élus quand ils gèrent "leurs" territoires, Atlantico, 25 mars 2017.
  13. La division des logements dans la métropole lilloise, Agence de développement et d'urbanisme de Lille Métropole, novembre 2012.
  14. Tribune – Exigeons zéro construction sur Saint-Sauveur ! Association P.A.R.C., 11 mars 2020.
  15. Tous les avis sur Lille, ville-ideale.fr
  16. Le vélo et la politique de mobilité urbaine aux Pays-Bas à travers le cas de la ville d'Utrecht, Rapport Michel Eyraud, août 2012.
  17. Rapport d'étape du groupe de travail "Propreté, écologie et citoyenneté", Conseil de quartier de Lille-Wazemmes, novembre 2005.
  18. Qualité de l'air intérieur : le dioxyde de carbone, toxique méconnu, Rapport, Michel Eyraud, décembre 2019.
  19. La lutte contre la pollution de l'air ambiant dans la métropole lilloise : une action de l'Etat et des élus tout en "faux semblant", Rapport, Michel Eyraud, mars 2018.
  20. Pauvreté : évolutions sociales du territoire et trajectoires individuelles dans la métropole lilloise, le Bassin Minier, l'Artois et le Dunkerquois, Agence de Développement et d'Urbanisme de Lille Métropole, février 2018.
  21. Municipales: l’étrange courrier pro-Aubry adressé aux associations, La Voix du Nord, 23 juin 2020.