Près d’un ado sur cinq en surpoids dès la classe de troisième

Publié le par Le Figaro Santé via M.E.

Les inégalités face à la santé restent fortes, au détriment des enfants d’employés ou d’ouvriers. Les chiffres sont inquiétants. En 2017, 18 % des adolescents en classe de troisième étaient en surcharge pondérale, dont 5 % obèses. L’écart se creuse entre les garçons et les filles au détriment de ces dernières: en 2017, 20 % des filles contre 17 % des garçons étaient en surpoids, dont respectivement 5,4 % et 4,7 % obèses.

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Et la tendance n’est guère encourageante, révèle l’enquête menée depuis une vingtaine d’années grâce à au partenariat entre Santé publique France, le ministère de la Santé et les médecins et infirmiers de l’Éducation nationale. «Entre 2009 et 2017, les prévalences de la surcharge pondérale et de l’obésité sont en hausse, en particulier pour les filles (de 17 % en 2009 à 20 % en 2017)», peut-on lire dans le numéro d’août 2019 de la revue de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), Études & Résultats.

«Ces évolutions sont marquées par de fortes inégalités sociales, notent Nathalie Guignon et ses deux coauteures, Marie-Christine Delmas et Laure Fonteneau. Ainsi, 24 % des enfants d’ouvriers sont en surcharge pondérale et 8 % sont obèses, contre respectivement 12 % et 3 % des enfants de cadres.» 

«Concernant le repas du midi, 29 % des élèves de troisième ne fréquentent la cantine que rarement ou jamais» Les statisticiennes de la DREES

Évidemment, l’enquête s’est penchée sur les habitudes de vie des adolescents susceptibles d’expliquer ces écarts importants. On apprend ainsi que 69 % des garçons prennent quotidiennement un petit déjeuner contre seulement 57 % des filles. Autre exemple, la fréquentation de la cantine: «Concernant le repas du midi, 29 % des élèves de troisième ne fréquentent la cantine que rarement ou jamais, cela concerne la moitié des élèves filles ou fils d’ouvrier et 16 % des enfants de cadre», remarquent les statisticiennes de la DREES. La pratique d’un sport en dehors de l’école est aussi plus fréquente chez les enfants de cadres (84 %) que chez ceux d’ouvriers (63 %). «Toutefois, les adolescents issus de familles modestes ont plus souvent une activité sportive non encadrée, plus difficile à capter lors de l’entretien», lit-on dans l’analyse de la DREES.

La médecine scolaire en crise

Si le surpoids augmente, la situation s’améliore en revanche sur le front de la santé bucco-dentaire, puisque 68 % des adolescents ont des dents indemnes de caries, contre 56 % en 2009. Mais, là encore, les inégalités sociales de santé existent: «La proportion de ceux qui n’ont aucune dent cariée s’élève à 59 % pour les enfants d’ouvriers, contre 77 % pour ceux des cadres

Idem pour la santé visuelle: dans les 925 collèges qui ont participé à l’enquête, «6 % des adolescents présentent un trouble de la vision de loin» et 10 % des enfants d’ouvrier ont un trouble de la vision non corrigé, contre 3  % des enfants de cadre.

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Pendant ce temps, la médecine scolaire est en crise et subit de plein fouet l’indifférence du ministère de la Santé. On est par exemple passé de 1 400 médecins de l’Éducation nationale en 2006 à 1 000 en 2016. En 2017, l’Académie de médecine déplorait «le manque de pilotage, d’évaluation et de clarté pour la gouvernance, en particulier pour les missions des médecins et des infirmières».

Source : http://sante.lefigaro.fr/article/de-plus-en-plus-d-adolescents-francais-sont-en-surpoids/

Notre commentaire : Il est évident que les facteurs principaux sont au départ la malbouffe et le déficit d'exercice physique mais c'est oublier un peu vite les substances chimiques diverses (additifs, sel, sucre, perturbateurs endocriniens, etc.) qui modifient le métabolisme dès le stade in-utero et qui peuvent provoquer des mutations génétiques de génération en génération. M.E.

Publié dans Santé, Société, Alimentation

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