Bilan 2018 de la qualité de l'air dans la métropole lilloise et la région Hauts-de-France

Publié le par M.E.

UNE QUALITE DE L'AIR TOUJOURS AUSSI MEDIOCRE

Rappelons que si on se base sur le nombre de journées où la qualité de l'air n'est pas conforme à la directive OMS de 2005, les comptages basés sur les moyennes journalières de la station ATMO de Lille-Fives donnent pour les concentrations en particules fines PM2,5 les chiffres suivants  :

2014 : 198 jours/365, 2015 : 197 jours/365, 2016 : 216 jours/365, 2017 : 223 jours/365 et 2018 : 224 jours/365.

A ce niveau, 2 remarques s'imposent :

  1. Nous sommes astreints à passer sous silence, les journées où les équipements de mesure de la station sont en maintenance ou en panne (55 jours en 2018, soit 15% de taux d'indisponibilité).
  2. Nous rappelons que les valeurs de concentration en PM2,5 données par ATMO pour la station de Lille-Fives correspondent à ce que LCSQA appelle la "pollution de fond" et sont donc loin des concentrations réelles des nombreuses rues "canyon" de la ville de Lille. Ces dernières peuvent dont être bien supérieures.

Comptage du nombre de journées où la  qualité de l'air est en moyenne non-conforme en 2018 à la directive OMS de 2005

1. Particules fines PM2,5 (OMS : [PM2,5] < 10 µg/m3)

 

Mois

Journées conformes

Journées non-conformes

Taux de non-conformité

Journées sans données

Nombre journées du mois

Janvier

10

16

61%

5

31

Février

7

21

75%

0

28

Mars

4

23

85%

4

31

Avril

5

17

77%

8

30

Mai

0

31

100%

0

31

Juin

5

25

83%

0

30

Juillet

0

9

NS

22

31

Aout

22

3

12%

6

31

Septembre

11

19

63%

0

30

Octobre

6

25

81%

0

31

Novembre

6

24

80%

0

30

Décembre

10

11

NS

10

31

Total

86

224

72%

55

365

 

2. Dioxyde d'azote (NO2) (OMS : [NO2] < 40 µg/m3)

 

Mois

Journées conformes

Journées non-conformes

Taux de non-conformité

Journées sans données

Nombre journées du mois

Janvier

24

7

22%

0

31

Février

19

9

32%

0

28

Mars

24

3

11%

4

31

Avril

27

3

10%

0

30

Mai

31

0

0

0

31

Juin

30

0

0

0

30

Juillet

31

0

0

0

31

Aout

31

0

0

0

31

Septembre

26

4

13%

0

30

Octobre

23

8

26%

0

31

Novembre

18

10

36%

2

30

Décembre

14

4

NS

13

31

Total

298

48

14%

19

365

 

Les principaux constats que l'on peut faire sont les suivants :

  1. La problématique principale de la qualité de l'air dans la métropole lilloise ne situe pas au niveau de la pollution par les oxydes d'azote (NO2 en particulier) mais bien au niveau des concentrations en particules fines (PM2,5) même si on constate des dépassements de la norme OMS de 3 à 10 jours chaque mois de janvier à mai et de septembre à décembre.
  2. Pour les particules fines, (PM2,5), nous avons affaire à une toute autre gravité. Les chiffres parlent d'eux-même. Nous constatons, comme chaque année, que la seule période de répit est constituée des trois premières semaines du mois d'août. Tous les autres mois, pendant 60 à 85% des journées les métropolitains lillois ne peuvent respirer un air de bonne qualité. Ceci est révoltant !
  3. Nous ne tenons pas compte des soit-disant "normes de qualité règlementaires" françaises qui sont dénoncées conjointement par la Cour des Comptes Européenne, les associations écologistes et l'ANSES.

Voici les relevés pour les moyennes journalières de concentration en particules fines PM2,5 pour les stations ATMO de Douai-Thiriet, Dunkerque-Malo-les-Bains, Lille-Fives, Roubaix-Serres, Valenciennes-Wallon :

 

Comment se situent d'autres grandes villes de l'ex-région Nord-Pas-de-Calais en comparaison avec les valeurs de qualité de l'air issues de la sation ATMO de Lille-Fives :

Ces quatre graphiques comparant les valeurs d'une station comparée à celle de Lille-Fives montrent que les concentrations en PM2,5 relevées sont corrélées, ceci étant explicable par une météorologie souvent quasiment identique, une topographie plate, une perméabilité commune aux transports des polluants venant du Sud (région parisienne) comme du Nord (Belgique, Pays-Bas) ou plus rarement de l'Ouest ou de l'Est (Angleterre, Allemagne) et une densité de population très forte (450 hab/km2) pour le Nord contre moins de la moitié pour le Pas-de-Calais (218 hab/km2) et le cinquième pour la Somme (90 hab/km2).

Cette caractéristique de très forte densité de population conduit de manière concomitante à avoir plus de flux de véhicules, plus d'émissions liées au chauffage et plus de production de polluants liés à l'incinération des déchets, etc.

POLLUANTS IMPORTES - POLLUANTS EXPORTES + POLLUANTS EMIS - POLLUANTS ABSORBES --> CONCENTRATIONS LOCALES EN POLLUANTS (EN FONCTION CONFIGURATION DES LIEUX )

Au risque de rabâcher, des solutions qui ont fait leur preuve en Europe et dans le monde peuvent faire chuter drastiquement la pollution de l'air :

M.E.

Références :

- Pollution de l'air : notre santé n'est toujours pas suffisamment protégée, Rapport spécial  n°23, Cour des Comptes Européenne, août 2018.

- Les normes de qualité de l'air ambiant, Rapport d'expertise, Avis de l'ANSES, avril 2017.

- Les normes de qualité de l'air, utiles ou perverses ?, www.vigieecolo.fr, 11 septembre 2017.

- Evolution of WHO air quality guidelines: past, present and future, WHO, 2017.

- Lignes directrices OMS relatives à la qualité de l'air : synthèse de l'évaluation des risques, Mise à jour mondiale, OMS, 2005.

Publié dans Air, santé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :