Après la croissance très rapide depuis 2017 de la pratique de l'inhalation "festive"de protoxyde d'azote, médecins et élus réagissent

Publié le par M.E.

Voici où se situe le problème posée par cette nouvelle pratique en progression galopante à Lille et dans d'autres villes de France et d'Europe. Marc Gozlan, médecin sonne l'alarme sur son Blog hébergé par le site du Monde, le 28 décembre 2018 :

Le protoxyde d’azote, un gaz hilarant qui ne fait pas du tout rire les médecins

Le protoxyde d’azote (N2O), communément appelé « gaz hilarant » ou « proto », est un agent anesthésique volatil utilisé par voie inhalée depuis 170 ans par les médecins. Son utilisation, dans le cadre d’un usage récréatif, peut être responsable d’accidents inattendus.

Ces derniers mois, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et en Corée, des équipes médicales ont rapporté la survenue d’une atteinte de la moelle épinière dans le but d’attirer l’attention sur une complication peu connue du protoxyde d’azote détourné de son usage initial pour ses propriétés euphorisantes.

Dans le champ médical, le N2O est contenu dans des bouteilles prêtes à l’emploi. Constitué de 50 % de protoxyde d’azote et de 50 % d’oxygène, ce mélange gazeux induit une sédation-analgésie (diminution de la vigilance et de la douleur) avec maintien de la conscience.

Le N2O n’étant pas métabolisé par l’organisme, il est rapidement éliminé, avec une disparition des effets deux à trois minutes après arrêt de l’inhalation. Celle-ci entraîne une euphorie, un fou rire, une distorsion des sons et de légères hallucinations, qui culminent après une vingtaine de secondes pour rapidement se dissiper. Les usagers se sentent souvent parfaitement normaux dans les deux minutes qui suivent l’inhalation. Des vertiges, des maux de tête, une vision floue peuvent cependant survenir.

Consommation visible dans l’espace public

Le 20 décembre 2018, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a publié un rapport soulignant la visibilité du protoxyde d’azote dans l’espace public. « À Lille, à partir de 2017, des consommations sont devenues soudainement visibles. De nombreuses petites cartouches grises contenant le gaz sont retrouvées, de façon continuelle et massive, dans plusieurs secteurs de l’espace urbain : le long des trottoirs, aux abords de certaines épiceries de nuit, à proximité de grands ensembles urbains où se pratique le deal de drogues illicites, etc », peut-on lire. Plusieurs profils de consommateurs ont été identifiés dans la métropole lilloise : « jeunes impliqués dans le trafic de stupéfiants, personnes prostituées, personnes précaires, mais aussi des collégiens et des lycéens », avides d’expérimentations dans un cadre collectif et « convivial ».

Ces usages détournés ont été observés dans d’autres contextes festifs : free parties, teknivals, soirées étudiantes, notamment « médecine » à Bordeaux, Paris, Lille, Lyon. Des cartouches prêtes à consommer au bar circulent dans des soirées lyonnaises.

Lire la suite ici : http://realitesbiomedicales.blog.lemonde.fr/2018/12/28/le-protoxyde-dazote-un-gaz-hilarant-qui-ne-fait-pas-du-tout-rire-les-medecins/

Lille : Le député Ugo Bernalicis demande l’interdiction de la vente de gaz hilarant aux mineurs

Ugo Bernalicis (La France insoumise) vient de déposer une proposition de loi pour interdire la vente du protoxyde d’azote aux mineurs. Le « proto », c’est ce gaz détourné de son usage par des jeunes qui l’inhalent pour obtenir un effet euphorisant. Plus important, l’élu mise sur les actions de prévention autour de cette « drogue » qui a envahi, bien plus qu’ailleurs, les rues de la métropole.