Les industriels de la confiserie promettent enfin d'éradiquer le dioxyde de Titane de leurs bonbons

Publié le par EEB via M.E.

L'industrie française de la confiserie a promis d'éliminer le dioxyde de titane, un additif potentiellement cancérigène présent dans les bonbons et autres produits. Les nouvelles suivent les appels des autorités françaises et des scientifiques pour reconnaître la toxicité de la substance.

Il y a seulement un mois, le gouvernement français a révélé son intention d'interdire le dioxyde de titane dans les aliments après que des études ont montré qu'il pouvait provoquer le cancer.
Maintenant, l'association des fabricants de confiseries a annoncé qu'ils sont prêts à retirer la substance, qui n'a aucun but nutritionnel, de tous leurs bonbons si le gouvernement l'exige.
L'association a déclaré aux médias français que 90% de ses membres ont déjà cessé d'ajouter du dioxyde de titane à leurs produits, certains depuis plusieurs années.

Le dioxyde de titane ajoute de la brillance et de la blancheur aux bonbons, aux pâtisseries et aux peintures. Il est également utilisé dans les écrans solaires en raison de sa capacité à bloquer l'absorption de la lumière ultraviolette du soleil.
La décision d'interdire cette substance est intervenue après que des chercheurs français ont découvert qu'elle causait des lésions précancéreuses chez 40% des rats ingérant le produit chimique lors des tests. Ces lésions peuvent évoluer vers des formes de cancer plus dangereuses, ont-ils dit.
Mais la France n'est pas la seule à jeter des doutes sur la sécurité du dioxyde de titane. Déjà en 2010, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) l'a classé comme «possiblement cancérogène» après que des études ont montré une augmentation du cancer du poumon chez les rats qui ont inhalé la substance.

L'Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA) a récemment recommandé la classification du dioxyde de titane comme cancérogène présumé dans sa forme inhalable, ce qui obligerait les fabricants à ajouter des étiquettes de mise en garde à des produits tels que les sprays nasaux.
Les ONG soutiennent que tous les produits inhalables devraient porter une étiquette d'avertissement, y compris, par exemple, des sprays de protection solaire, dont le contenu peut être respiré facilement.
Les pays de l'UE ont commencé à discuter de l'introduction des étiquettes ce mois-ci au milieu des revendications de lobbying sans précédent de l'industrie chimique.
Dans une lettre confidentielle obtenue par le media Politico, les lobbyistes de l'industrie chimique ont exhorté les gouvernements de l'UE à ne pas suivre les recommandations de l'ECHA.

La lettre révèle également que l'industrie a déjà dépensé 14 millions d'euros sur un "programme scientifique" pour contrer l'étiquetage potentiel et défendre les intérêts commerciaux.
Le Bureau Européen de l'Environnement (EEB) a condamné les efforts de l'industrie visant à «saper le processus de prise de décision fondé sur des données probantes qui est censé protéger les personnes et l'environnement».
Natacha Cingotti, experte en produits chimiques à Health and Environment Alliance (HEAL), a déclaré à META que les preuves scientifiques croissantes sur les effets nocifs du dioxyde de titane sont à la base de la proposition de l'ECHA de le classer comme cancérogène suspecté.

"Cette proposition devrait être reprise par les pays de l'UE afin de garantir que le processus de classification reste basé sur les propriétés intrinsèques de la substance plutôt que sur des considérations économiques qui n'ont pas leur place dans cette discussion."