Les trois principaux producteurs de viande polluent autant que SHELL, BP et EXXON

Publié le par Novethic via M.E.

C’est l’un des secteurs les plus polluants mais aussi les plus discrets sur le sujet. Les industriels de la viande et des produits laitiers émettent pourtant plus de gaz à effet de serre que les transports et selon une récente étude, les trois premiers producteurs au monde polluent autant que les principaux pétroliers.

Dans une récente étude (1), l’ONG Grain et de la Fondation Henrich Böll ont passé au crible l’empreinte carbone des 20 plus grandes entreprises de viande et de produits laitiers. Les résultants sont accablants et relativement inédits. Les trois premiers industriels émettent autant de gaz à effet de serre qu'un pays comme la France ou encore que les grands pétroliers comme Shell, BP et Exxon. En 2016, les 20 plus grandes entreprises de viande et de produits laitiers ont, quant à elles, émis plus de gaz à effet de serre que toute l’Allemagne, pourtant de loin le plus gros émetteur d’Europe.

"La croissance exponentielle de la production de viande et de produits laitiers rend l’Accord de Paris impossible et la catastrophe climatique inévitable, notent les auteurs. Si la production continue à croître selon les prévisions de la FAO (Food and Agriculture Organization), les émissions vont s’aggraver à tel point qu’à elle seule, la production industrielle de viande et de produits laitiers sapera notre capacité à empêcher l’élévation des températures de susciter un scénario apocalyptique." 

Parmi les solutions imaginées, les experts évoquent le soutien à un modèle agricole plus respectueux de l’environnement et notamment aux petits producteurs, la généralisation de repas végétariens dans les cantines, ou encore l'étiquetage des produits selon le mode d'élevage et d'abattage des animaux.

La consommation de protéines végétales doit également augmenter. Dans un rapport (2) publié en novembre, le think tank Terra Nova appelle ainsi les Français à diviser par deux leur consommation de viande d’ici à vingt ans et à la remplacer par des légumineuses. Mais pour l’instant, 80 % des protéines végétales produites dans le monde sont consacrées à l’alimentation animale…

Vers une taxation de la viande ?

Les investisseurs doivent eux aussi se pencher sur la question. Le réseau d'investisseurs Farm Investment Risk and Return (Fairr) soutient que la viande doit suivre désormais la même voie que le tabac, les émissions de carbone et le sucre. Elle pourrait être soumise à des taxes dans les cinq à dix prochaines années. Les parlements allemands, danois et suédois ont déjà examiné une telle mesure et le gouvernement chinois a réduit de 45 % sa consommation maximale de viande recommandée en 2016.

"Si les décideurs politiques doivent couvrir le coût réel des épidémies humaines comme l'obésité, le diabète et le cancer, ainsi que les épidémies animales comme la grippe aviaire, tout en s'attaquant au double défi du changement climatique et de la résistance aux antibiotiques, alors une taxation de l'industrie de la viande semble inévitable", estime ainsi Jeremy Coller, fondateur de Fairr.

Téléchargez ici l'article de l'ONG GRAIN

Téléchargez ici l'étude de TERRA NOVA

Publié dans Agriculture, Climat

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