Les perturbateurs endocriniens sont-ils des toxiques comme les autres ?

Publié le par Lez Figaro Santé via M.E.

Pesticides, insecticides, bisphénol A, phtalates...À ce jour, on connaît encore mal leurs effets sur la santé. Philippe Bouchard, membre de l’Académie de médecine, explique pourquoi.

États-Unis, années 1950: une biologiste marine, Rachel Carson, décrit pour la première fois l’effet des pesticides chez les travailleurs du coton exposés au DDT. En 1962, son best-seller, Silent Spring, révèle au monde que notre planète pourrait être réduite au silence, les oiseaux ayant succombé à la toxicité des pesticides. Dès 1991, une autre femme, la zoologiste Theodora Colborn, lance avec d’autres scientifiques l’appel de Wingspread qui codifie l’expression «perturbateur endocrinien», dont elle formalise le concept en 1996 dans son livre au titre volontairement alarmiste: Our Stolen Future.

Pesticides, insecticides, bisphénol A, phtalates, dioxines, retardateurs de flamme, plastifiants, solvants, mais aussi tabac… la liste des perturbateurs endocriniens (PE), dont on compte déjà plusieurs milliers, est loin d’être close… En 2002, l’OMS en a donné une définition officielle: «Un perturbateur endocrinien potentiel est une substance ou un mélange exogène, possédant des propriétés susceptibles d’induire une perturbation endocrinienne dans un organisme intact, chez ses descendants ou au sein de (sous)- populations.»

Pour autant, nous ne disposons pas à ce jour de système de reconnaissance à même d’identifier l’ensemble des mécanismes complexes qu’ils utilisent. Nous savons seulement que ce ne sont pas des hormones, mais des produits, pour l’essentiel, de synthèse - parfois naturels aussi - capables d’interagir avec les voies moléculaires de signalisation des hormones: récepteurs hormonaux, enzymes… Nous savons aussi que non seulement nous y sommes tous exposés, durant toute notre vie, par toutes sortes de voies, aériennes, cutanées, orales, mais que leurs effets sont cumulatifs et susceptibles de se révéler après des années, voire sur les générations suivantes!

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