Comment adapter nos habitations aux vents violents et cisaillants des cyclones, ouragans et tornades ?

Publié le par Benoît Chauvin via M.E.

Quelle curieuse idée, penseront certains que de publier un article de réflexion sur ce thème sur un site lillois ! A ceux-ci, je viens sur les 4 raisons m'incitant à publier ce billet :

1ère raison : Dans notre chère région, nous ne sommes pas à l'abri de ce genre d'évènement météo-climatique. Il suffit de se souvenir de la ville de Hautmont (59), détruite en grande partie, en 2008. Il suffit de se souvenir de la ville de Hautmont (59), détruite en grande partie, en 2008. Mais, encore plus fort, Une tornade de force 5 frappe le secteur de Palluel, dans le Pas-de-Calais, le 24 juin 1967. Les vents sont estimés supérieurs à 320 km/h au sein de cette tornade, qui provoque des dévastations considérables sur sa trajectoire. Il s'agit de la plus violente tornade française  du XXème siècle.

2ème raison : En outre, les climatologues du GIEC et les experts des grandes compagnies d'assurance sont d'accord pour identifier une augmentation de la fréquence et aussi de la gravité  des évènements météo-climatiques extrêmes.

3ème raison : Les Antilles ont beau paraître loin géographiquement et de nos préoccupations métropolitaines, cela n'empêche pas de penser à nos compatriotes, qui nombreux sont dans le dénuement extrême. Ces territoires ne comportent pas que des habitants riches et bien protégés loin s'en faut !

4ème raison :  plus personnelle,  l'auteur est un ami, un militant de l'environnement, qui a travaillé dans notre ville de Lille et qui vit depuis de nombreuses années là-bas dans les Antilles Françaises, dans l'île de Saint Barthélémy.

Vent cyclonique et impact sur les toitures

Le passage des cyclones Irma et Maria a dévasté une grande partie du bâti des îles qu’ils ont touchées. Il est intéressant d’examiner les dégâts occasionnés et de les comparer à la théorie sur l’écoulement des fluides, afin d’en tirer des enseignements pour limiter l’impact des prochains cyclones.

Tout d’abord, rappelons que ces deux cyclones, de force 5, étaient très puissants, avec des vents soutenus de 297 km/h dans le mur et des rafales de 360 km/h (pour Irma). La pression moyenne exercée sur un objet situé dans un tel champ de vitesse est énorme. Le théorème de Bernoulli permet d’approximer le surcroît de pression moyenne exercée par un tel vent à ½ ρ.v 2, où ρ mesure la densité de l’air et ᵥ la vitesse du vent. Par rapport à un cyclone de catégorie 1-2, avec un vent soutenu de 150 km/h, la puissance moyenne des vents est donc multipliée par 4 !  Le calcul donne une estimation de près de 6000 Pascals, soit 600 kg/m2.

Ces chiffres expliquent globalement l’ampleur des dégâts observés, le fait qu’un certain nombre de bâtis se sont effondrés sous l’effet de la pression, et que de nombreux toits ont été décollés, totalement ou partiellement.

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N.B. 1 Benoît Chauvin, est de formation ingénieur généraliste (X), économiste-statisticien (ENSAE), Sciences Po (IEP Paris). Il habite Saint Barthélémy depuis 2004 et a été élu conseiller territorial en 2007, puis membre du Conseil exécutif en charge de l'environnement et du développement durable. Il est par ailleurs, cofondateur d'Objectif Transition, collectif qui vise à relayer les actions en faveur de la transition énergétique, économique et sociale.

N.B. 2 Selon Météo France, Les termes "typhon", "ouragan" et "cyclone tropical" recouvrent tous les trois la même réalité : ils désignent un phénomène tourbillonnaire des régions tropicales (entre 30°N et 30°S) accompagnés de vents dont la vitesse est supérieure ou égale à 64 nœuds c'est-à-dire 118 km/h ( soit une force 12 sur l'échelle de Beaufort). La désignation adoptée dépend simplement de l'endroit du globe où se produit le phénomène. Le terme "cyclone" ou "cyclone tropical" est réservé à l'océan Indien et au Pacifique sud. On parle en revanche "d'ouragan" en Atlantique nord et dans le Pacifique nord-est et enfin de "typhon" dans le Pacifique nord-ouest. Chaque année, plus de 80 violentes perturbations atmosphériques se développent au-dessus des océans tropicaux. Pour en savoir plus sur les cyclones, consultez notre dossier.