La métropole lilloise (MEL) et la ville de Lille tournent-elles le dos à la transition écologique ? 2ème partie

Publié le par M.E.

Si on s'en tient à la communication de la métropole et aux aspects visibles des politiques menées, il y a vraiment de quoi être inquiet quant à l'avenir non durable de notre métropole et de sa plus grande ville Lille.

La gestion de la propreté de la ville

La propreté de la ville concerne quatre enjeux :

  • Enjeu écologique : déchets inutiles, pollutions évitables
  • Enjeu économique : surcoût considérable du nettoyage par différents intervenants
  • Enjeu éthique et social : La propreté est un impératif de dignité de vie pour la population et permet une qualité de vie que l'on apprécie.
  • Enjeu d'image : Une ville sale évoque la pauvreté et les villes des pays sous-développés.

Une grande partie de la malpropreté vient de la grande proportion d'étudiants non-encadrés vivant dans les centres-villes. Ceux-ci ne courent aucun risque, n'ont pas le sentiment d'appartenance à une communauté de vie et l'alcoolisation d'une proportion d'entre eux conduit à des débordements divers et insupportables pour la population non temporaire de la ville.

Les différents responsables d'enseignement supérieur se gardent bien de tenter de freiner ces débordements qui se traduisent par des dégâts pour les habitants des quartiers hébergeant les étudiants : déprédations diverses, poubelles renversées, vomissures, … Celles-ci se terminent dans certains cas aussi aux urgences des hôpitaux (comas éthyliques).

On constate aussi régulièrement que la pratique des dépôts sauvages n'a pas diminué par exemple à l'occasion d'un déménagement ou d'une fin de semestre d'un étudiant : on déverse tout ce dont on n'a plus besoin sur le trottoir et advienne que pourra.

Le citoyen lillois paye ainsi pour des ramassages d'ordure chaque jour dans certaines rues de la ville ce qui alourdit la feuille d'impôt et serait parfaitement évité si les délinquants écologiques étaient sanctionnés.

Un exemple de dépôt sauvage de déchets domestiques, Rue des Stations à Lille.

Que dire aussi de ce gaspillage énergétique et de cette pollution évitable représentés par les canettes alu et les bouteilles de verre souvent brisés en morceaux qui se retrouvent envoyés en incinération alors que le recyclage serait en tout point préférable.

Mentionnons aussi les dégâts provoqués sur les chaussures par cette multitude de morceaux de verre de très petite taille qui jonchent les trottoirs.

La encore où est l'éducation populaire qui serait bien nécessaire et où sont les sanctions pour mettre fin à ces comportements de délinquance écologique ?

L'état des espaces publics, le patrimoine abandonné et les façades de la ville

Dès que l'on s'éloigne du centre stricto sensu de chaque grande ville de la métropole, on s'aperçoit de l'état peu satisfaisant des façades de maisons ou d'immeubles et surtout des chaussées et trottoirs et un état de propreté insupportable pour tout habitant ou candidat à l'installation dans la ville.  

Exemple 1 : façade Rue des Bouchers dans le vieux Lille.

Exemple 2 : Trottoir défoncé, place de Strasbourg, Lille-Centre.

Exemple 3 : Armoire électrique, Rue Solférino à côté du Collège St Paul à Lille-Vauban.

Exemple 4 : Pavés rustinés avec du goudron, place Maurice Schuman

Exemple 5 : Etat lamentable du Palais Rameau, Lille-Vauban.

Mentionnons aussi le choix des matériaux pour les trottoirs et espaces publics : Jolies dalles ou pavés égalisés pour les quartiers touristiques, goudron insalubre, difficile à laver et mal rapiécé, le plus souvent pour les quartiers plus excentrés et moins huppés.

Le goudron par forte chaleur conduit à des émanations, connait des réactions chimiques qui produisent à leur tour de la chaleur. Il est donc aberrant de continuer à privilégier ce matériau pour les trottoirs ; celui-ci ne permet pas le drainage des eaux pluviales et est très malsain à poser pour les travailleurs car cancérogène.

 Je ne saurai qu'encourager nos techniciens territoriaux et élus à visiter les villes belges, néerlandaises ou allemandes qui démontrent chaque jour que l'on peut faire autrement !

Quant à la présence de nature dans la métropole, on se situe à 25 m2 d'espace vert par habitant métropolitain (seulement 11  m2 par lillois !). Ce chiffre place la métropole lilloise à la traîne du classement de l'Observatoire des villes vertes : la superficie moyenne d'espaces verts dans les cinquante plus grandes villes de France se situe à 48 m2, Angers, Nantes et Strasbourg formant le trio de tête.

Ce chiffre faible aurait pu être amélioré en profitant du réaménagement de la friche Saint Sauveur, entourant l'ancienne gare de marchandises. Hélas cette opportunité ne sera pas saisie ! Voir à ce sujet le billet que nous avons fait paraître en annexe (partie 3).

La grande faiblesse en espaces verts conjugué à l'emploi partout d'asphalte, de béton ou de granit sur  les trottoirs et espaces publics conduit en outre à accentuer l'effet "ilot de chaleur urbain" ; ce phénomène conduit Lille à être en période caniculaire la ville la plus chaude de la métropole lilloise (référence du rapport ADULM en partie 3)

M.E.

Fin de la deuxième partie. A suivre ...

Publié dans Gouvernance, Déchets, Urbanisme