La métropole lilloise (MEL) et la ville de Lille tournent-elles le dos à la transition écologique ? 3ème partie

Publié le par M.E.

Si on s'en tient à la communication de la métropole et aux aspects visibles des politiques menées, il y a vraiment de quoi être inquiet quant à l'avenir non durable de notre métropole et de sa plus grande ville Lille.

La paupérisation des quartiers : débordements divers, alcoolisation massive, saleté des rues, tapages nocturnes et fuite des habitants

A la base, il faut rappeler l'énorme déficit de logements dans les résidences universitaires ou les résidences du parc privé spécifiquement créées pour les étudiants.

A ceci, il faut rajouter la possibilité pour les propriétaires d'augmenter de manière substantielle leurs gains (+14,0% d'après le rapport de nov.2012) en louant aux étudiants plutôt qu'à des familles. Cela se fait de deux façons :

  • En offrant des appartements à la colocation
  • En divisant des appartements ou maisons en logements plus petits.

Pour se rendre compte de l'étendue du phénomène et de ses conséquences néfastes, il est très nécessaire de consulter le rapport produit en novembre 2012 par l'Agence de Développement et d'Urbanisme de Lille Métropole.

Toutes ces opérations conduisent à la raréfaction des logements disponibles pour les familles, à l'augmentation des loyers et à une augmentation des problèmes de sécurité et aussi d'insalubrité, car la division en logements de très petite taille n'a jamais été prévue au départ dans les calculs de structure par exemple, et les propriétaires renâclent à faire les travaux de mise en conformité pour l'électricité ou la sécurité incendie.

A Roubaix, 17% des logements locatifs issus de la division sont de superficie inférieure à 14m2.

Cette disparition permanente des grands logements en location conduit les familles à s'installer en péri-urbain ce qui conduit aux problèmes écologiques que l'on connait bien : dépenses énergétiques supplémentaires, flux de voitures navettant entre domicile et lieu de travail. Ainsi de 2001 à 2009, dans la métropole, 6500 logements classiques ont disparu dont 64% de maisons et 36% d'appartements.

Autre conséquence, les familles ne supportant plus les nuisances provoquées par les tapages nocturnes, les problèmes liés à l'alcool ou la drogue fuient les quartiers des centres villes et tout ceci conduit à une paupérisation progressive des quartiers d'année en année. L'exemple le plus spectaculaire étant Lille-Vauban : logements quasiment tous occupés par des étudiants, saleté des rues et incivilités permanentes : poubelles renversées, rétroviseurs des voitures réduits en miette, rixes nocturnes entre bandes.

Cela est produit ou accentué par l'alcoolisation des étudiants au détriment de leur santé, de la qualité de leurs études et apprentissages dans l'indifférence récurrente des autorités universitaires publiques et privées.

Les chantiers de travaux publics gérés par la métropole

Que ce soit la ville de Lille ou la Communauté urbaine, les chantiers de travaux publics sont très nombreux en toute saison. Or on constate le peu de supervision et de contrôle de ces chantiers sous l'angle de la protection de la santé des travailleurs.

Que de situations scandaleuses peut-on dénombrer partout :

  • Découpage, meulage de dalles ou de pavés sans protection respiratoire, ni protection des yeux et des oreilles.
  • Peinture au sol de marquages de sécurité avec des peintures toxiques sans protection respiratoire des intervenants.
  • Pose d'asphalte : chaussées, trottoirs avec absence totale de précaution prise pour les ouvriers malgré la toxicité cancérogène répertoriée de cette substance.
  • Enlèvement de tags sur les murs avec des solvants chlorés sans précaution aucune.

La Maire de Lille qui se targue d'être le garant du vrai socialisme et promoteur du "care" oublie complètement les travailleurs intervenant dans sa propre ville.

Conclusion : Alors que cette métropole est dotée d'atouts comme sa situation géographique au cœur de l'Europe, comme son réseau d'universités et de grandes écoles de qualité, comme encore sa connexion à des réseaux ferroviaires, autoroutiers et à des aéroports internationaux (Roissy, Bruxelles, Charleroi, Lesquin), quel dommage de trainer les pieds pour la transition écologique et de ne pas profiter des gisements d'emploi conséquents qui pourraient être utilisés.

Ceci se fait aussi au détriment de la santé de la population et des milieux naturels environnants.

Références bibliographiques

Sites des villes et de la MEL :

- Métropole Européenne de Lille      

- Ville de Lille                         

- Maison de l'habitat durable

-  Ville de Roubaix                  

- Ville de Tourcoing               

- Ville de Villeneuve d'Ascq

Articles de revues et de sites internet :

- Optimisation des véhicules : quels gains environnementaux ? Actu-Environnement, 1er Avril 2014.  

- Le retour de la benne à ordures électrique, Industrie & Technologie, 1er juillet 2014.

- A Lille, la difficile cohabitation entre la ville qui s'amuse et la ville qui dort, Le Parisien, 17 avril 2015.

- La division de logements dans la métropole lilloise, Agence de Développement et d'Urbanisme de Lille Métropole, novembre 2016.

- Métropole lilloise recherche espaces verts désespérément, Le Parisien, 31 mars 2017.

- Stop ! On étouffe, sauvons Saint Sauveur, Lille a besoin de respirer !www.vigieecolo.fr, 24 avril 2017.

- Les ilots de chaleur urbains, Agence de Développement et d'Urbanisme de Lille Métropole, juin 2017.

M.E.

Fin de la troisième partie et du dossier.

 

 

Publié dans Gouvernance, Habitat, Urbanisme

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