Comment se protéger de la pollution de l’air ambiant chez soi ?

Publié le par M.E.

Tordre le coup à quelques idées fausses mais répandues !

Se tenir au courant de la situation de la qualité de l’air extérieur au quotidien.

Les polluants spécifiques de l’air intérieur.

Comment faire face à ce cauchemar ?

En conclusion.

 

I. Tordre le coup à quelques idées fausses mais répandues :

  1. Je déménage et m’installe à la campagne : l’argument est recevable, si cela ne se traduit pas par des allers et retours quotidiens vers votre lieu de travail. Oui, si vous travaillez à distance, à domicile, si vous êtes à temps partiel ou retraité. Par ailleurs, le fait de vivre à la campagne ne vous protège pas des émissions polluantes résultant d’épandages venant de l’activité agricole ou d’usines installées à la campagne.
  2. J’habite sur une colline, et donc je suis plus protégé que ceux habitants au centre-ville : Croyance, car certes les particules de grosses tailles ont tendance à retomber plus facilement, mais les particules les plus fines (PM2.5, PM1, etc.) peuvent voyager très loin et donc vous en profiter vous aussi pleinement. Retenez aussi qu’elles sont les plus dangereuses car elles pénètrent au plus profond des poumons !
  3. Je n’ouvre pas mes fenêtres en journée : dans la plupart des maisons ou appartements existe une ventilation mécanique contrôlée qui assure une entrée d’air extérieur continue dans les différents locaux de l’habitation et donc, les polluants de l’air ambiant extérieur se retrouve chez vous sans problème !
  4. J’utilise des plantes dépolluantes : On l'entend souvent, notamment dans les jardineries, les plantes ont la capacité de dépolluer l'air intérieur vicié. Si c'est vrai dans des conditions très particulières, en pratique, dans les lieux de vie intérieurs, leurs effets ne sont malheureusement pas significatifs.

II. Se tenir au courant de la situation de la qualité de l’air extérieur au quotidien :

Il existe plusieurs façons plus ou moins rapides de connaître la qualité de l’air au jour le jour.

Le site qui vous donnera le plus de détails est celui de ATMO Hauts-de-France en se rendant sur la page « Accéder aux données/mesures des stations » :

http://www.atmo-hdf.fr/acceder-aux-donnees/mesures-des-stations.html.

Il faut ensuite agrandir la carte, choisir la station qui est la plus proche et puis sélectionner différents items : période, polluant, type de données à afficher, type d’affichage, période.

Autre possibilité regarder la carte de PREVAIR « l’air en France aujourd’hui et demain » http://www2.prevair.org/ ce qui vous permet de voir la situation de l’ensemble de la France.

Autres possibilités : Le site d’Air Plume Labs https://air.plumelabs.com/fr/live/lille qui vous donne instantanément les valeurs des concentrations des principaux polluants et la tendance dans les jours qui viennent avec en outre des conseils pratiques sur les précautions à prendre.

 

POLLUANTS AIR INTERIEUR = POLLUANTS PRODUITS A L’INTERIEUR + POLLUANTS IMPORTES DE l’EXTERIEUR (FENETRES OUVERTES, VMC)

 

III. Les polluants spécifiques de l’air intérieur :

Aux polluants venant de l’air extérieur s’ajoutent les polluants issus d’une « production domestique » venant de la maison avec son aménagement, sa décoration et les matériaux utilisés, ses occupants : humains et animaux :

- Produits chimiques : émanations venant des vernis, émanations des revêtements de sols, produits de nettoyage, désodorisants et huiles essentielles, polluants de la fumée de tabac…

Parmi les produits les plus dangereux, on trouve le formol (ou formaldéhyde) venant des vernis des meubles en aggloméré.

- Poussières : d’origine textile, animale ou humaine.

- Polluants biologiques : allergènes d’animaux, acariens, pollens, virus divers, moisissures.

 

IV Comment faire face à ce cauchemar ?

Il n’y a pas de solution parfaite. Il faut aérer régulièrement son habitation, mais pas à n’importe quel moment de la journée. Choisissez si possible le moment où l’ai extérieur est le moins pollué (tôt le matin par exemple).

Il faut aussi éviter l’apparition de zones humides qui donneraient naissance à des moisissures qui peuvent libérer des mycotoxines dangereuses pour la santé.

L’expertise menée par l’ANSES confirme l’existence d’effets avérés sur la santé respiratoire liés à l’exposition aux moisissures. Ces effets incluent, d’une part, le développement et l’exacerbation de l’asthme chez les enfants et les adultes exposés sur leur lieu de travail et, d’autre part, la rhinite allergique.

Partant de là, on peut néanmoins dégager quelques axes de prévention :

 

Règle 1 : Ne pas rajouter de la pollution à la pollution déjà présente :

Eviter l’utilisation de déodorisants, de parfums d’intérieur, la pulvérisation d’huiles essentielles (certaines comportent des allergisants redoutables), la fumée de tabac.

Ne brûler pas de l’encens ou n’utiliser pas de bougies odorantes pour soit disant « purifier l’air ». Certains font cela pour faire « disparaître » les odeurs de tabac ou de cuisine. Vous ne purifiez pas l’air en agissant ainsi, vous masquez les odeurs et chargez l’air d’autres substances polluantes potentiellement cancérigènes.

 

Règle 2 : Choisissez les matériaux de vos meubles et revêtements avec circonspection.

Les colles, vernis et matériaux des meubles ou parquets peuvent libérer des quantités importantes de formaldéhyde qui est cancérigène et irritant, allergisant des voies respiratoires.

 

Règle 3 : Si vous décidez de repeindre une ou des pièces de votre habitation ou si vous faites effectuer un vernissage ou vitrification de votre parquet, prenez le temps de choisir les matériaux les moins polluants. On peut se faire aider avec les sites www.ecolabels.fr et http://ec.europa.eu/ecat/ ou encore les sites de conseil aux consommateurs www.quechoisir.org ou www.60millions-mag.com/

 

Règle 4 : Il faut aérer régulièrement son habitation, mais pas à n’importe quel moment de la journée. Choisissez si possible le moment où l’ai extérieur est le moins pollué (tôt le matin par exemple).

 

Règle 5 : Lorsque la pollution est forte à très forte, l’utilisation de purificateur(s) d’air peut faire redescendre la concentration en particules fines PM2.5 et PM10 en dessous des recommandations de l’OMS. L’expérience montre qu’en une heure environ votre pièce de 40m2 polluée peut se retrouver avec des valeurs de concentration de PM2.5 de 3 à 4 μg/m3.

Il existe aujourd’hui plusieurs constructeurs (Rowenta, Philips, Dyson, …) proposant ces matériels qui sont aujourd’hui au point. Ils fonctionnent sur le principe de la filtration avec plusieurs médias filtrants successifs ce qui permet de traiter et de fixer les poussières d’origine domestique, les bactéries et virus et les particules fines venant de la l’air extérieur. Certains modèles fixent en outre le formaldéhyde quasiment toujours présent dans l’air intérieur.

http://www.rowenta.fr/Confort-de-la-maison/Purificateurs/c/purificateurs

http://www.philips.fr/c-m-ho/traitement-de-lair/purificateur-dair/

http://www.dyson.fr/ventilateurs-et-chauffages/purificateurs/pure-cool-link.aspx

http://www.delonghi.com/fr-fr/produits/confort/traitement-de-lair/purificateur-d-air

 

 

Règle 6 : Lorsque vous circulez en voiture, attention à ne pas faire fonctionner la ventilation avec captation d’air extérieur, lorsque vous êtes dans des files de voitures rapprochées. Basculer la ventilation sur la position « recyclage » le temps de sortir du bouchon.

Tous les constructeurs proposent aussi de remplacer le filtre classique de la ventilation d’air par un filtre à charbon actif dit anti-pollens. Cela vous coutera une modique somme mais vous serez mieux protégé.

 

Règle 7 : A vélo, à pied ou en voiture, dans le cas d’une forte pollution de l’air extérieur, on peut, comme l’usage s’en est répandu dans les pays asiatiques, se protéger avec des masques antipollution : plusieurs fabricants en proposent : Respro, VogMask…

Attention, certains ne donnent pas les résultats de filtration attendus

http://respro.com/pollution-masks

https://www.vogmask-france.fr/

 

Et en conclusion, surtout ne pas se décourager ; il est vrai que se protéger contre la pollution de l’air nécessite un véritable apprentissage … en attendant que nos villes soient moins polluées grâce à des actions cohérentes et volontaristes des élus et pouvoirs publics.


M.E.

 

Références bibliographiques

- Les plantes vertes ne dépolluent pas l'air intérieur, 2 octobre 2012, https://www.notre-planete.info/actualites/actu_3483_plantes_pollution_air_interieur.php

- Pollution de l’air à l’intérieur des habitations et santé, Aide mémoire n°292, OMS, février 2016

- Qualité de l’air intérieur, ANSES, 23 novembre 2016.

- Dossier « Pollution de l’air protégez-vous ! », Le Particulier pratique, n°432, mars 2017.

- Pollution intérieure : les bougies bio et l'encens sont-ils toxiques ? Allodocteurs.fr, 19 mai 2016.

- Sprays assainissants : une pollution majeure de l’air intérieur, http://www.60millions-mag.com , 9 mars 2017.

- F.-X.Reichl, Guide pratique de toxicologie, De Boeck, 2004.

 

 

Publié dans Air, Santé